49% des Français déclarent avoir utilisé pour la première fois un nouvel outil numérique de santé durant la crise sanitaire

Actualités 10.03.2021

 La crise sanitaire a donné un puissant coup d’accélérateur à l’utilisation des outils numériques de santé.

  • le recours à la téléconsultation s’est généralisé en 2020 avec un total de 19 millions d’actes remboursés par l’Assurance maladie.
  • Dépistage Covid (qui permet à chacun de savoir où se faire tester, tant en RT‑PCR qu’en test antigénique) enregistre 6 millions de vues mensuelles.
  • TousAntiCovid affiche aujourd’hui près de 13 millions de téléchargements. Lorsque le résultat d’un test est positif, le citoyen doit se déclarer comme tel dans l’application TousAntiCovid. Il est alors redirigé vers Briser la chaîne (développé par l’organisation non gouvernementale Bayes Impact) qui aide les personnes à se remémorer leurs personnes contacts.
  • La campagne vaccinale repose elle sur trois plateformes, en complément d’autres modes de prise de rendez-vous, notamment par téléphone.

Une  part importante de la population demeure cependant en marge de l’usage du numérique en santé. La campagne vaccinale a ainsi mis en lumière les difficultés que rencontrent les publics éloignés du numérique pour la prise de rendez-vous.

49% des Français déclarent avoir utilisé un nouvel outil numérique de santé pour la première fois durant la crise sanitaire   

La délégation au numérique en santé (DNS) a présenté le 19 novembre, à l’occasion des Assises citoyennes du numérique en santé,  les résultats d’une enquête menée par Opinion Way du 17 au 30 juillet 2020, auprès d’un échantillon de 2.100 répondants.

Selon cette enquête,  la prise de rendez-vous et l’envoi de résultats médicaux en ligne sont les outils numériques les plus connus et utilisés par les Français interrogés.

Un répondant sur quatre a communiqué par courrier électronique ou par SMS avec le pharmacien ou le médecin pour la première fois pendant la crise sanitaire.

Des habitudes sont déjà bien installées : 70% des répondants ont déjà utilisé la prise de rendez-vous en ligne et 66% pratiqué l’envoi de résultats d’analyse ou de diagnostic en ligne.

Cette appropriation des outils numériques de santé est cependant à nuancer.

Elle  concerne, en effet,   à l’heure actuelle « surtout  les populations les plus acculturées au numérique comme les CSP+, les foyers avec enfant ou les habitants de région parisienne,  mais aussi chez certaines populations ayant une santé plus fragile (personnes en situation de handicap, bénéficiaires de l’ALD, patients avec des visites fréquentes chez le médecin) ou encore situées dans les déserts médicaux».

Parmi les principaux défis auxquels le numérique en santé devra répondre à l’avenir, l’enquête pointe la simplicité d’accès et d’utilisation pour l’usager (pour 68% des Français) et la transmission efficace des données (pour 61%).

« 51% des Français voient l’évolution du numérique en santé comme quelque chose de positif, avec pour principaux bénéfices perçus, le gain de temps (pour 60% des Français), une communication facilitée avec les différents interlocuteurs de santé (48%), une façon de moderniser la santé (37%) et enfin, d’avoir un meilleur suivi de sa santé (35%)».

La téléconsultation s’installe dans la durée

La crise sanitaire a donné un puissant coup d’accélérateur à la téléconsultation. Elle s’est imposée, en quelques semaines, comme un outil essentiel pour l’accompagnement et le suivi médical des patients

Au premier semestre 2020, le nombre de téléconsultations facturées à l’Assurance Maladie est passé de 40 000 actes par mois à 4,5 millions en avril. Au moment du confinement, la téléconsultation représentait une consultation sur 4. Le gouvernement avait alors décidé d’en faciliter le recours en décrétant son remboursement à 100 % par l’Assurance maladie, prolongé depuis jusqu’à fin 2022.

La période de confinement a modifié le profil des patients bénéficiant de la téléconsultation : les moins de 30 ans y ont eu moins souvent recours (19 % contre 32 % avant le confinement), contrairement aux plus de 70 ans (20 % contre 8 % avant). Toujours surreprésentée dans les zones densément peuplées (principalement l’Île-de-France), la téléconsultation n’a cessé de progresser dans les autres.

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Expériences 27.10.2020

CovidNet, Sapris, Epicov, Haut-Rhin, ComPaRe : quand le public participe à la surveillance épidémiologique

Epidémiologie collaborative : SourceCovid.fr associe les patients à la comprehension des sources de contamination

On découvre ainsi, à l’occasion de cette crise, l’intérêt d’associer le public à la surveillance de l’épidémie comme à la compréhension de ses mécanismes de circulation.

Initiée par l’équipe à l’origine de MaladieCoronavirus.fr, la webapplication SourceCovid.fr, mise en ligne depuis le 14 décembre, propose à toutes les personnes ayant été touchées par le virus ou à leurs proches de prendre 2 minutes de leur temps pour aider à la compréhension de la 2e vague de la Covid-19. Son objectif est de recueillir à des fins d’étude épidémiologique les circonstances de l’infection des personnes pour analyser et visualiser sa propagation depuis la mi-août. En une quinzaine de questions, cette webapplication vise à mieux identifier les sources de propagation du virus (magasins, restaurants, lieux de travail, cercles familiaux et personnels…) depuis cet été en fonction de l’origine géographique des patients, à l’échelle des régions et des départements.

Collectées de façon totalement anonyme, les données seront analysées par des experts scientifiques encadrés par un board scientifique indépendant composé de représentation des professionnels de santé. Les résultats de cette étude seront rendus publics régulièrement et feront l’objet d’une publication dans une revue scientifique.

 

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Rapports 15.12.2020

Pour l’OCDE, la crise du COVID-19 renforce la nécessité de combler les fractures numériques

La campagne de vaccination met en lumiere les difficultés des publics éloignés du numérique face à la prise de rendez vous en ligne

Si la principale difficulté pour obtenir un rendez-vous résulte de la pénurie de vaccins (qui se traduit par l’absence de créneaux disponibles sur les plateformes), une autre difficulté résulte de la priorité donnée aux personnes de 75 ans et plus, souvent éloignées du numérique : elles doivent souvent se faire aider par des proches ou des soignants pour réserver un créneau sur ces plateformes.

En complément des plateformes de prise de rendez-vous en ligne, le gouvernement a mis  en place, à cet effet, un numéro vert national : ouvert tous les jours de 6h à 22h, il redirige les personnes vers le standard téléphonique du centre le plus proche ou permet d’obtenir un accompagnement à la prise de rendez-vous.

Plusieurs reportages (Libération, Le Parisien, France Télévision, France Inter, L’express), en janvier, rapportaient qu’en janvier, les centres de vaccination en Seine Saint Denis voyaient « affluer des patients de départements voisins, plus connectés et plus au fait des possibilités de réserver des créneaux de vaccination en ligne. Résultat : les habitants du département sont souvent minoritaires dans les bénéficiaires du vaccin contre le Covid-19 ». Selon le médecin responsable d’un centre de vaccination à Pantin : « On a ouvert nos disponibilités sur la plateforme Doctolib le 15 janvier. Le soir même, tous les créneaux étaient complets jusqu’à fin février. Quand on a vu les premiers patients CSP +, on a réalisé à quel point la fracture numérique et les inégalités sociales avaient encore frappé»

Sur l’ensemble du territoire, de nombreux centres de vaccination, confrontés à l’encombrement du système d’inscription en ligne, ont entrepris en février de réserver une partie des rendez-vous disponibles aux personnes qui ne parvenaient pas à obtenir de rendez-vous en ligne. Certains centres ont ainsi édicté «une règle des trois parties» pour les nouvelles doses attendues : une partie réservée au public qui prend rendez-vous en ligne, une autre pour les personnes repérées par les services sociaux et les CCAS et enfin une troisième pour les personnes proposées par les médecins traitants.

Rapports 15.12.2020

Pour l’OCDE, la crise du COVID-19 renforce la nécessité de combler les fractures numériques

Les initiatives du Conseil du numérique en santé autour de la fracture numérique

A l’occasion de la table-ronde organisée le 17 février par la Commission des Affaires sociales, Giovanna Marsico, déléguée au Service public d’information en santé, a présenté les travaux du Conseil Numerique de Santé autour de la fracture numérique.

Dans le cadre d’un groupe de travail permanent, le Conseil du numérique en santé a commencé à travailler sur trois actions :

  • le diagnostic des capacités numériques des individus
  • l’élaboration de formations adaptées pour faire monter en compétences les capacités des personnes concernées, mais aussi des professionnels
  • la création d’un outil cartographique permettant de diagnostiquer la couverture sur le territoire, superposée à l’offre de soin.

« Ce dernier est un outil dynamique permettant d’une part d’identifier le taux de couverture numérique à partir des données de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, et d’autre part de les croiser avec l’indicateur d’accessibilité potentielle localisée pour déterminer pour chaque département le niveau de couverture du numérique et l’accès au soin. Ainsi, les communes se voient attribuer un score compris entre 1 et 10, 1 pour les plus démunies et 10 pour les mieux dotées. Ceci permet ainsi aux ARS et aux collectivités locales de pouvoir identifier les situations problématiques et d’œuvrer à la mise en place d’actions adéquates ».

Vers un espace numérique de santé pour chaque usager en 2020

Parmi les 52 mesures du Plan Santé (MaSanté 20022) figure l’ouverture « d’ici 2022, un espace numérique de santé individuel et personnalisable pour chaque usager lui permettant d’avoir accès à ses données et lui offrir un ensemble de services, tout au long de sa vie ».

« À horizon 2022, tout usager du système de santé disposera, sauf refus explicite de sa part, d’un espace numérique de santé individuel qui lui permettra un accès sécurisé à ses données de santé et qui lui donnera toutes les informations pour s’orienter dans le système de santé. Chaque usager pourra retrouver dans cet espace ses compte-rendu d’hospitalisation, ses résultats d’examen ou documents déposés dans son dossier médical partagé (DMP), ou encore les informations sur ses droits à l’assurance maladie. Il disposera également des informations utiles concernant l’offre de soins du territoire. Il aura accès aux services de prise de rendez-vous en ligne proposés par les professionnels et les établissements de santé. Par ailleurs, cet espace accompagnera l’usager en lui proposant des outils d’éducation et de prévention adaptés à sa situation ».   

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