60% des Français utilisent des applications numériques pour se déplacer : un quart d’entre eux toutefois les juge difficiles à utiliser

Publié par Mission Société Numérique
Rapports 03.03.2020

La Fondation Nicolas Hulot et Wimoov (une association qui promeut de nouvelles formes de mobilité durable) se sont associés pour la réalisation du Baromètre des mobilités du quotidien. Ce baromètre repose sur une enquête réalisée par Chronos et l’observatoire société et consommation (Obsoco) auprès  d’un échantillon de 4000 personnes âgées de 18 à 75 ans.

Ce premier Baromètre des mobilités du quotidien met en lumière les fortes inégalités territoriales et sociales en termes de déplacements : 12 millions de personnes rencontrent des difficultés quotidiennes pour se déplacer. L’automobile  constitue toujours le mode de transport principal de 72% des Français. 55% des personnes interrogées déclarent ne pas avoir le choix de leur mode de déplacement et parmi elles, 84% utilisent principalement la voiture. Près d’un Français sur deux admet pouvoir réaliser tout ou partie de ses trajets quotidiens à vélo. Outre la trop longue distance, le principal frein à l’usage du vélo est pour 47% des sondés l’absence d’infrastructures adaptées et sécurisées.

Le Baromètre des mobilités du quotidien s’est aussi penché sur  la contribution du numérique à l’adoption et à l’utilisation des nouvelles offres de mobilité.

Des usages du numérique en mobilité largement banalisés

« L’usage des technologies numériques, et notamment celui des applications GPS aidant à se repérer ou calculer un itinéraire est désormais largement rentré dans la norme », observent les experts de Chronos et de l’Obsoco.

71% des détenteurs de smartphone (soit un peu plus de 60% de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans) affirment utiliser ce type d’applications au cours de leurs déplacements – dont plus de la moitié qui le font de manière régulière.

…  mais très inégalement répartis

63% des moins de 25 ans qui disposent d’un smartphone y ont souvent recours lors de leurs déplacements (plus d’un tiers des jeunes n’utilisent donc pas les services de mobilité même lorsqu’ils disposent d’un smartphone). Ce chiffre tombe à moins de 25% au-delà de 55 ans.

« Le capital culturel et plus généralement le niveau d’éducation sont également des éléments très discriminants dans l’usage des outils numériques ». Celui-ci n’atteint que 27% parmi les individus les moins diplômés (ceux dont le niveau de diplôme n’excède pas le niveau brevet des collèges), contre 56% parmi les détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur à bac+3.

« Cette capacité inégale à se saisir des technologies numériques est perceptible dans le sentiment de facilité (ou inversement de difficulté) ressentie face à leur usage. Un Français sur quatre considère que les applications et les services numériques qui ont émergé ces dernières années (applications GPS permettant de se repérer, plateformes de covoiturage permettant de mettre en relation des personnes effectuant les mêmes trajets, services de véhicules en libre-service, de VTC, réservations de taxis, etc.) sont difficiles à utiliser. Si ce chiffre n’est que de 6% chez les moins de 25 ans, il monte à plus de 35% au-delà de 55 ans ».

Moins d’un Français sur quatre se dit intéressé par le MaaS

Le MaaS désigne une carte de d’abonnement public permettant d’utiliser l’intégralité des offres de transport disponibles dans le périmètre de la région (transports collectifs, véhicules automobiles, vélos et trottinettes en libre-service, plateforme de covoiturage).

Afin de favoriser l’émergence de ce type de services, la Loi d’orientation des mobilités (LOM) a  étendu les obligations d’ouverture des données de l’offre de mobilité :  données statiques (arrêts, horaires, tarifs…) et en temps réel des transports en commun ou à la demande, données des réseaux routiers et de stationnement.

« Même à un prix relativement peu élevé (à partir de 50 euros mensuel), la carte d’abonnement de type MaaS (Mobility as a Service2) ne séduit qu’une part minoritaire de la population », observent les auteurs du Baromètre des mobilités du quotidien .

Moins d’un Français sur quatre se dit aujourd’hui intéressé par le MaaS, 45% des parisiens et 29% des habitants des grandes métropoles.

« Si le déploiement des services numériques apportera de toute évidence des facilités pour les usagers, concluent les auteurs du Baromètre,  « il ne peut se soustraire à l’accompagnement humain des personnes dans les déplacements. C’est la condition pour garantir à un accès à tous aux services ».

 

Crédit photo : Géovelo, le calculateur d'itinéraires vélo français
Mission Société Numérique

La Mission Société Numérique est une mission d’appui aux collectivités et aux acteurs de proximité sur les questions liées au numérique. Elle met en œuvre un programme d’actions pour favoriser l’autonomie et la capacité de tous à saisir les opportunités du numérique et favoriser le développement numérique des territoires. Elle pilote les plans “Numérique Inclusif” et “Tiers-Lieux” du Gouvernement.

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