Initiatives autour de l’inclusion numérique des personnes âgées

Publié par Mission Société Numérique
Dossiers 07.11.2019

 L’âge reste, avec le niveau de diplôme, le principal facteur qui entre en jeu pour déterminer si une personne utilise ou non Internet et les outils numériques.

« En 2008, seuls 26 % des plus de 60 ans étaient connectés, ils sont 73 % aujourd’hui. Ce mouvement a toutefois du mal à toucher le grand âge. Au-delà de 70 ans, l’accès à Internet devient moins fréquent, surtout lorsque l’âge se conjugue avec d’autres facteurs discriminants. Faibles ressources, situation d’isolement géographique ou familial sont autant de facteurs qui favorisent l’exclusion numérique. Conséquence : encore trop de nos aînés se retrouvent en marge de la société, leur absence des réseaux numériques les isolant davantage » observe une note récente de l’AGIRC-ARRCO.

Une étude réalisée pour le compte des Petits frères des Pauvres (consacrée à L’exclusion numérique des personnes âgées) avait permis de préciser le diagnostic. « Les grands exclus du numérique sont davantage des femmes de plus de 80 ans, vivant seules, avec de faibles revenus. Le sentiment d’exclusion est d’ailleurs ressenti par près d’un quart des 60 ans et plus, y compris par des utilisateurs d’Internet pour qui l’utilisation peut faire prendre conscience de lacunes. ».

Une personne de 75 ans ou plus sur deux n’a pas accès à Internet à son domicile selon l’INSEE

En 2019, 15,4 % des personnes de 60-74 ans résidant en France et 53,2 % des personnes de plus de 75 ans ne disposent d’aucun accès à Internet depuis leur domicile, quel que soit le type d’appareil (ordinateur, tablette, téléphone portable) et de connexion (contre 12 % pour l’ensemble de la population).

24,1 % des personnes de 60-74 ans et 64,2 % de plus de 75 ans ne se sont pas connectées au cours de l’année (contre 15 % pour l’ensemble de la population).

L’Insee observe cependant que l’usage quasi-quotidien d’internet parmi les les 75 ans ou plus est passé de 5 % à 19 % entre 2009 et 2019

S’agissant des inégalités de maîtrise des outils numériques, l’Insee souligne que le niveau de diplôme est, toutes choses égales par ailleurs, plus discriminant que l’âge.

En combinant les critères de non-équipement et de non-usage, l’INSEE à 26,7 % les personnes de 60-74 ans et 67,2 % des personnes de 75 ans et plus en situation d’illectronnisme (16,5 % pour l’ensemble de la population).

La dématérialisation des démarches administratives et fiscales inquiète près de la moitié des personnes âgées plus de 60 ans

Selon le Barométre Numérique 2018, 48 % % des personnes de 60-69 ans se déclarent inquiètes (très inquiètes et assez inquiètes) à l’idée d’effectuer des démarches administratives en ligne (48 % en 2017).

Alors que 72 % des personnes de 75 ans et plus exprimaient en 2017 le même sentiment d’inquiétude face à ces démarches, celui-ci ne concernerait plus en 2018 que 50 % d’entre elles.

Actualités 13.03.2019

Prés de la moitié des personnes malades ou handicapées en situation d’isolement restent en contact avec leurs proches via le numérique

Prés de la moitié des personnes malades ou handicapées en situation d’isolement restent en contact avec leurs proches via le numérique

En 2018, la Fondation de France s’est penchée, avec le Credoc sur la solitude des personnes déclarant un handicap ou une maladie chronique ou de longue durée. Elle a entrepris de saisir les conséquences de cette situation d’isolement dans les différents domaines de la vie et d’identifier les leviers permettant malgré tout le développement d’une vie sociale ? Parmi ces leviers, l’usage du numérique. Celui-ci permet il de limiter, ou au contraire de renforcer le sentiment de solitude ?

Pour répondre à ces questions, le CREDOC a interrogé 3500 personnes âgées de 18 ans et plus résidant en France, en logement ordinaire ou en établissement médico-social.

Les résultats de l’enquête mettent clairement en évidence cette expérience d’une vie sociale entravée, du fait de la maladie ou du handicap.

52 % des personnes porteuses d’une maladie ou d’un handicap déclarent que leur maladie ou leur handicap a des incidences négatives sur leurs sorties quotidiennes.

Huit personnes isolées sur dix concernées par la maladie ou le handicap déclarent un besoin d’aide dans la prise en charge de leur maladie/handicap.

74% d’entre elles comptent plus sur les professionnels de santé  que sur leur famille (63 %) en cas de difficultés.

Outre les contacts physiques, l’usage du numérique constitue une possibilité de maintenir des liens avec ses proches.

  • 40 % des personnes déclarant une maladie ou un handicap en situation d’isolement sont en contact par écrit (internet, mail, etc.) avec leurs proches au moins plusieurs fois par mois.
  • 44 % d’entre elles sont en contact « de vive voix » (par téléphone, skype etc…) au moins plusieurs fois par mois avec leurs proches, soit 24 points de moins que l’ensemble des personnes isolées, et 18 points de moins que les personnes indiquant être en situation de handicap et / ou de maladie.

Si le numérique constitue ainsi un substitut parfois satisfaisant aux contacts physiques, s’il « permet dans certains cas de nouer de nouveaux contacts, y compris sur le long terme, via des forums de discussions notamment », les auteurs de l’étude se demandent si le confort offert par cette pratique ne contribue pas, à l’inverse, « à enfermer ces personnes dans leur domicile ».

Actualités 13.03.2019

Prés de la moitié des personnes malades ou handicapées en situation d’isolement restent en contact avec leurs proches via le numérique

La Fondation de France explore depuis plusieurs années la question de l’isolement relationnel. La spécificité de l’approche privilégiée par la Fondation de France consiste à mesurer spécifiquement la fréquence des contacts au sein des cinq principaux réseaux de sociabilité (famille, amis, voisins, collègues de travail ou encore membres d’une association).

Actualités 18.10.2019

Un appel à projets national de l’Assurance retraite pour l’inclusion numérique des personnes âgées

Un appel à projets national de l'Assurance retraite pour l’inclusion numérique des personnes âgées

L’Assurance Retraite s’est engagée à rendre accessible son offre numérique et à accompagner ses assurés dans l’utilisation de ses services en ligne.

La Convention d’objectif et de gestion 2018-2022 de la Caisse Nationale d’assurance Vieillesse (CNAV) prévoit notamment que « cet accompagnement sera assuré dans les agences pour favoriser l’autonomie des personnes (espaces libre-service), par le développement des partenariats locaux et par la mise à disposition d’outils de compréhension des parcours et services en ligne ».

La CNAV a déjà noué de nombreux partenariats avec les acteurs locaux et les acteurs de la médiation numérique pour favoriser sur tout le territoire, l’accès à son offre digitale pour tous ses assurés. La CNAV figure (avec Pôle emploi, le CNAM, la CNAF, la CCMSA et le groupe La Poste) parmi les partenaires du dispositif « Maisons de services au public » (MSAP). Les MSAP sont en cours de refonte dans le cadre du futur réseau France Services.

L’Assurance-Retraite vient de lancer un appel à projets pour soutenir les projets d’inclusion numérique en faveur des personnes âgées. Elle mobilise, à cette fin, «une enveloppe maximale de 2 millions d’euros pour lancer un dispositif national de soutien à l’inclusion numérique des retraités. L’ambition de cet appel est de permettre aux caisses régionales de financer des projets sur ce champ ».

Actualités 18.10.2019

Un appel à projets national de l’Assurance retraite pour l’inclusion numérique des personnes âgées

Rapports 05.07.2019

En bus, en camionnette ou en camping-car : quand médiateurs numériques et services publics vont au devant des usagers

Des dispositifs itinérants pour aller au devant des personnes âgées dans les zones rurales

Les  Maisons de services au public (MSAP, futures Maisons France Services), orientées essentiellement vers les démarches en ligne et l’accès aux droits recevaient en 2016  11 % de personnes de plus de 65 ans.  Dans les PIMMS aux Points information médiation multi services (PIMMS), interfaces de médiation entre les populations et les services publics avec un financement partagé entre acteurs publics et privés, la part des plus de 60 ans représente 16 % du public fréquentant les PIMMS (Rapport d’activité PIMMS 2016. Un certain nombre de MSAP et de PIMMS ont développé un service itinérant afin d’aller au devant des personnes âgées.

A l’initiative des collectivités, avec le soutien, souvent des caisses de retraite, on assise a un foisonnement de dispositifs itinerants qui  mêlent  accompagnement dans les démarches administratives, inclusion numérique, lutte contre l’isolement et tissage d’un lien social. Bus numérique, Numeribus, Car des services publics, Mairie itinérante : l’appellation change selon les acteurs et les territoires. Comme la taille du véhicule : autocar, camionnette, minibus ou camping-car.

Les ateliers itinérants à bord du Bus Numérique en région Centre Val de Loire, par exemple, se donnent l’objectif de « donner les clefs du « bien vieillir et de favoriser le maintien du lien social ». Un organisme de formation agréé, Solutions Vie pratique, assure la mise en œuvre de cette expérimentation, avec un bus équipé de douze ordinateurs portables et d’un écran géant, avec une centrale de réservation, des équipes de formateurs spécialisées et des chauffeurs-accompagnateurs.

Un autre bus numérique, opéré lui aussi par la société Solutions Vie pratique, parcourt l’ancienne région Aquitaine depuis 2016. En 2017, il s’était arrêté dans 170 villes, dont 85 dans le seul département de Gironde. Le bus numérique propose des ateliers collectifs de 3 heures qui « s’adaptent à tous niveaux et peuvent cibler des thèmes en particulier et répondre aux besoins directs des personnes » : apprendre à utiliser des outils pour garder des liens avec leurs proches ou acquérir une certaine autonomie dans la gestion quotidienne de leurs démarches administratives.

La communauté d’agglomération ARCHE (Communauté d’agglomération Hermitage-Tournonais-Herbasse-Pays de Saint Félicien) a mis en place un camping-car d’information :  LISA (lieu d’Information Seniors & & Autonomie). Le camping-car aménagé et connecté circule le mercredi et vendredi dans les 41 communes de l’agglomération. Il propose une aide aux démarches administratives tout en contribuant « au lien social autour d’échanges et d’écoute ».

Le bus API (Animation, prévention, information), quant à lui,  sillonne les villages du Jura. Ici, le bus est opéré par l’ADMR, le principal réseau associatif de services à la personne. Le Bus API ADMR est aménagé pour accueillir jusqu’à 12 personnes.  

Des initiatives de même nature sont initiées par les caisses de retraite dans d’autres régions. En Nord-Picardie, la Carsat expérimenté un « centre itinérant retraite » qui stationne dans les dans les villes du département pour répondre aux questions des habitants, avec ou sans rendez-vous.

Le groupe Malakoff-Mederic (gestion des retraites complémentaires) avait organisé en 2017-2018 avec la société Solutions Vie Pratique, la tournée nationale d’un « Bus Numérique » avec 115 journées de formation, réparties sur 23 villes-étapes.

 

Rapports 05.07.2019

En bus, en camionnette ou en camping-car : quand médiateurs numériques et services publics vont au devant des usagers

« Msap mobile », Bus numérique, « service public itinérant » « car des services publics », « mairie itinérante », « Espaces Numériques Mobiles», Numeribus, « Cyberbus » « café numérique mobile» : l’appellation change selon les acteurs, les finalités affichées et les territoires. Comme le format ou la taille du véhicule : autocar, camionnette, minibus ou camping-car.

Ces associations qui œuvrent pour l’autonomie numérique des personnes âgées

Fruit d’une dynamique collective en Poitou-Charentes initiée en 2014, Silver Geek met le numérique au service du bien-vieillir. Ce projet vise à rompre l’isolement des seniors et à favoriser le lien social intergénérationnel. Depuis, des ateliers numériques ludiques animés par une centaine de volontaires en service civique sont proposés chaque semaine dans les structures d’accueil de seniors ou maison de quartier à l’aide des tablettes et consoles de jeux.

Old’up développe des actions en direction auprès d’un public âgé qui inclut 2 générations de 70 ans à plus de 90 ans, dans des maisons de retraite, foyers-logement et EHPAD. « Cet apprentissage à l’utilisation du numérique s’inscrit dans la prévention de l’isolement, du sentiment d’inutilité, de vide, d’ennui d’un public fragilisé, vulnérable qui peut continuer à participer pour avoir une place, un rôle dans la société ». Old Up a lancé en 2019 un projet expérimental concernant l’utilisation des tablettes numériques par les nonagénaires. Au sein du comité scientifique de OLD’UP, une réflexion a été et est menée concernant les apprentissages possibles pour les personnes en perte d’autonomie résidant en EHPAD

Générations Mouvement propose des formations au numérique pour les personnes âgées en partenariat avec des collectivités territoriales ou la MSA. Autour du concept « « Adapter pour adopter », elle œuvre aussi, dans le contexte de la Silver Economy, au développement de services et d’équipements qui rendent « accessibles » le numérique et la santé connectée pour les personnes âgées.

Mission Société Numérique

La Mission Société Numérique est une mission d’appui aux collectivités et aux acteurs de proximité sur les questions liées au numérique. Elle met en œuvre un programme d’actions pour favoriser l’autonomie et la capacité de tous à saisir les opportunités du numérique et favoriser le développement numérique des territoires. Elle pilote les plans “Numérique Inclusif” et “Tiers-Lieux” du Gouvernement.