Ouverture des données publiques sur fond de crise sanitaire : une mission se penche sur la politique publique de la donnée  

Publié par Programme Société Numérique
Éclairages 26.10.2020

L’ouverture des données données relatives à l’épidémie de coronavirus par le ministére de la Santé et Santé Publique France, le volume de consultations de ces données sur la plateforme data.gouv.fr  (1,8 millions en mai, soit trois plus qu’en mai 2019), le nombre et la diversité des réutilisations de ces données témoignent de l’utilité de l’open data en temps de crise.

Quatre ans après la loi pour une République numérique (et deux  après sa date limite d’application) le bilan de l’édition 2020 de l’observatoire Open data des territoires, publié en octobre, apporte son lot de bonnes nouvelles : 60% des collectivités de plus de 100.000 habitants ont ouvert leurs données, 100% des régions et 60% côté départements.

Le gouvernement a chargé le député Eric Bothorel de réfléchir à la politique publique de la donnée. Un rapport d’étape, publié début octobre 2020, propose une dizaine de pistes aujourd’hui soumises à consultation publique.

Actualités 09.06.2020

La plateforme de données ouvertes Data.gouv.fr a enregistré 1,8 million de visites en mai 2020

Comment les administrations ont collaboré à l’ouverture des données du Coronavirus : le cas français

Le besoin de données précises et exhaustives a été critique dès le début de l’épidémie, autour des enjeux de gestion de crise, de transparence et d’information du public. Dans un billet publié en juin, Etalab, le département de la direction interministérielle du numérique (DINUM), en charge de la mise en œuvre de la stratégie de l’État dans le domaine de la donnée, relate comment les administrations ont collaboré pour ouvrir les données relatives à l’épidémie de COVID-19 en France.

« Pour les administrations situées en première ligne, comme le ministère des Solidarités et de la Santé, Santé publique France (SPF) et les Agences Régionales de Santé (ARS), le défi a été de parvenir à collecter et à consolider d’importants volumes de données issues de sources différentes. 

« Si des systèmes d’informations nationaux existaient déjà, il a cependant été nécessaire de les adapter pour réaliser un suivi spécifique des patients atteints de Covid-19. Par ailleurs, les différents acteurs de la santé (services hospitaliers, services d’appels d’urgence, équipes de SOS médecins…) s’appuient au quotidien sur des systèmes d’informations qui sont propres à leur métier. Ces derniers proposent différents modes des saisies et souvent, différentes structures de données.

L’exercice était d’autant plus difficile que ces données devaient être collectées et mises à jour à une échelle nationale dans des délais particulièrement courts ».

La suite: Comment les administrations ont collaboré à l’ouverture des données du Coronavirus : le cas français

Actualités 09.06.2020

La plateforme de données ouvertes Data.gouv.fr a enregistré 1,8 million de visites en mai 2020

Une mission pour réfléchir à la « politique publique de la donnée »

Le député Eric Bothorel a été chargé par le gouvernement de réfléchir à la politique publique de la donnée. Cette mission  intervient quatre ans après la loi pour une République numérique, qui prévoyait que les administrations publient leur données « par défaut ». La mission porte sur les données du secteur public mais aussi sur les « données d’intérêt général », produites par le secteur privé.

Dans un rapport d’étape, la mission « politique publique de la donnée » livre un premier état des réflexions :

  • Qu’est-ce que la politique publique de la donnée ?
  • Que dit la loi en France ?
  • Comment font les autres pays ?
  • Pourquoi est-ce que cela bloque aujourd’hui ?

La mission recense, dans ce rapport d’étape, 10 constats : doctrine, manque de compétence des acteurs publics dans la donnée et les codes sources, manque de portage managérial et de formation des cadres dirigeants aux enjeux de la donnée, cadre juridique complexe et foisonnant…

Et une consultation publique

Une consultation est lancée pour recueillir des « avis sur les freins actuels à l’ouverture des données, des codes sources, et des données d’intérêt général et les solutions à mettre en œuvre pour libérer le potentiel de la donnée et des codes pour la société et l’économie françaises ».

Actualités 10.04.2020

Ouverture des données publiques : un foisonnement de tableaux de bord et d’outils de visualisation pour suivre la pandémie

La donnée au temps du Corona

Laurence Comparat, Présidente d’OpenDataFrance, tire les premiers enseignements du rôle que les données ont joué et jouent dans la gestion de la crise sanitaire et au delà, pour la résilience des territoires.

Toutes les branches de la fonction publique, d’état, territoriale ou hospitalière, ont dû récolter, analyser et anticiper le développement de la pandémie à partir de données fiables. (…)

Les données ont permis de développer des services facilitant la gestion de la crise.

  • De très nombreuses infographies ont été réalisées par des centaines d’institutions, de l’OMS à l’Etat français, en passant par les universités, les analystes, les associations, les médias (Le Monde, Libération), les pays en développement.
  • Il s’agit non seulement d’observatoires sur le développement de la pandémie mais aussi d’outils prédictifs sur son évolution permettant de prendre les mesures nécessaires pour protéger le système de santé.
  • Ces outils ne concernent pas uniquement la phase de confinement mais dorénavant le pilotage de la relance économique, par exemple l’observatoire des Aides du Fond de Solidarité pour une analyse des aides allouées par domaine d’activités et par territoire.
  • Des études sur l’impact sociologique sont aussi basées sur les données disponibles : exode des citadins, proximité sociale, …
  • Des plateformes se sont spécialisées dans la mise à disposition des données, avec des recommandations structurantes : données brutes, qualifiées, normalisées, APIfiées (interface de programmation). (…)

La leçon importante que nous devons retirer de cette observation est que tout type d’acteurs peut mettre à contribution ses compétences et ses moyens pour développer des services ou applications utiles dès lors que les données sont ouvertes (accessibles librement) et structurées. La qualité des données est à nouveau un point essentiel : fiabilité, exhaustivité, finesse, mise à jour en temps réel.

Nous constatons aussi des usages selon deux directions : d’une part un approfondissement de l’analyse des données par thématique (santé ou économie par exemple) et d’autre part, des croisements entre différents domaines : santé et tourisme par exemple. Dans les deux cas, l’interopérabilité des données est très importante : comment relier une base avec une autre ? comment s’assurer que l’on parle de la même entité, de la même unité, du même périmètre géographique ?

Actualités 10.04.2020

Ouverture des données publiques : un foisonnement de tableaux de bord et d’outils de visualisation pour suivre la pandémie

Actualités 13.11.2019

460 collectivités territoriales engagées dans l’ouverture des données publiques

764 acteurs territoriaux  engagés dans l’ouverture des données : un effort toutefois dispersé avec 180 lieux de publication

OpenDataFrance publie chaque année une analyse de l’état de l’ouverture des données dans les territoires. L’étude s’appuie sur les chiffres et les indicateurs, collectés et élaborés en temps réel, et publiés sur le site de l’observatoire.

A ce jour (octobre 2020), 589 collectivités territoriales publient des données en opendata.

En rajoutant 175 structures publiques ou privées, partenaires des collectivités et produisant des données dans le cadre d’une mission de service public, nous arrivons à un total de 764 acteurs territoriaux.

Le rapport 2020 observe, comme les années précédentes,  « un écart très important entre les grosses collectivités et les plus petites ».

  • « Les régions sont toutes ouvertes cette année 2020.
  • 100% des conseil régionaux en métropole et de nombreux acteurs dans les régions et territoires d’Outre Mer proposent un portail open data, même si toutes n’ont pas la même quantité de jeux de données
  • Les départements poursuivent leur progression, avec près de 60% d’ouverture.
  • Plus de 50 % des collectivités de plus de 100 000 habitants sont ouvertes (cela intègre les métropoles ouvertes à 82% et les plus grosses intercommunalités).
  • En dessous de ce seuil, moins de 8 % collectivités inférieures à 100 000 habitants arrivent à publier des données. Sans surprise, plus la taille diminue, moins la collectivité s’engage dans l’open data.

Près de 90% des collectivités ne respectent pas (encore) leurs obligations, 2 ans après la date limite d’application des dispositions prévues dans la loi République Numérique d’octobre. 2016.

Avec un total de 180 plateformes de publication territoriales, le rapport regrette « le  manque de mutualisation des plateformes. La majorité (64%) des acteurs publient leurs données sur un portail propre ».

« 15 572 jeux de données sont publiés par 764 acteurs territoriaux sur 180 portails open data. Cette dispersion des lieux de publication a contribué à une grande hétérogénéité dans les formats, donc dans l’interopérabilité et la réutilisation des données. Des outils proposés par OpenDataFrance permettent pourtant de prioriser et de normaliser les données à publier».

Actualités 13.11.2019

460 collectivités territoriales engagées dans l’ouverture des données publiques

Programme Société Numérique

Le Programme Société Numérique de l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires est une mission d’appui aux collectivités et aux acteurs de proximité sur les questions liées au numérique. Il met en œuvre un programme d’actions pour favoriser l’autonomie et la capacité de tous à saisir les opportunités du numérique et favoriser le développement numérique des territoires. Il pilote la stratégie nationale pour un numérique inclusif du Gouvernement.

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Dossiers 19.11.2019