La formation professionnelle se réorganise autour de la formation à distance

Actualités 22.05.2020

Comme dans le système éducatif ou les universités,  le confinement a entrainé une marche forcée vers les formations à distance.

Selon la Caisse des Dépôts, le Compte personnel de formation ( CPF) « a joué son rôle d’amortisseur de crise dans le cadre de la politique de l’emploi, alors que c’était un outil nouveau. Ce n’était pas acquis que le système se comporte de cette façon. La période aurait pu être fatale au CPF, du fait de l’arrêt de toutes les formations présentielles. Mais avec le développement des formations à distance, nous avons limité drastiquement la chute d’activité, puisque nous sommes passés d’un flux de 20 000 inscriptions par semaine au début de la crise à 8 000 à la fin, cela grâce au doublement des formations à distance. Aujourd’hui, notre catalogue compte 730 000 sessions, dont 200 000 à distance, concernant environ 13 500 organismes ».

Localtis, le fil d’information de la Banque des Territoires, esquisse un premier bilan de la migration de la formation professionnelle vers des offres de formation à distance.

  • Selon la Fédération de la formation professionnelle, avant la crise, 91% des formations se déroulaient en format présentiel. Sur le mois d’avril, le taux de formations réalisées à distance a triplé.
  • Du côté de la formation des demandeurs d’emploi, une enquête de la Dares auprès de 5.600 stagiaires a permis d’établir que deux tiers des formations ont été maintenues entre le 8 et le 25 avril, partiellement ou complètement. Les formations préalables à l’embauche (AFPR et POEI), liées à des besoins immédiats chez les employeurs, ont subi le plus de suspensions (65%). “Les formations les plus courtes ainsi que celles accueillant des publics moins qualifiés ont été plus souvent suspendues”, précise l’institut de statistique. Dans le reste des cas, “les cours ont pu être dispensés par vidéo et, dans un quart des cas, par téléphone (…). Parfois, le maintien de la formation s’est effectué via des outils plus sommaires (envoi de documents par courrier ou par messagerie)”, selon la Dares
  • De son côté, Régions de France estime à environ 50% la part des formations qui ont pu se poursuivre à distance pendant cette période, le reste ayant été reporté jusqu’à nouvel ordre. “Pour les marchés à venir, il faudra prendre en compte la dimension distancielle et de force majeure liée au Covid-19”, souligne l’association. D’autant que le présentiel, s’il se poursuit dans les mêmes exigences sanitaires, produira des surcoûts qu’il faudra prendre en charge.
  • Selon un décompte de Défi métiers, le service d’information francilien sur l’offre et les besoins de formation professionnelle, fin avril, les formations ouvertes à distance représentaient environ 10% des sessions disponibles, lesquelles étaient assurées par 699 organismes.

« L’État avait prévu », rappelle Localtis, « dans le cadre de son plan d’investissement dans les compétences élaboré en 2019, de réaliser d’ici 2022 plus de 30.000 entrées en formation sur trois ans réalisables à 100 % à distance, via Pôle emploi ».