SocialCov, Haut-Rhin, Epicov : trois expériences en cours d’épidémiologie participative 

Publié par Mission Société Numérique
Actualités 07.05.2020

Ne pouvant enquêter, en raison du confinement, en face à face, les chercheurs en sciences sociales ou en épidémiologie, recourent depuis quelques semaines  à des questionnaires en ligne : perception du confinement, impacts psychosociaux, effets du confinement sur les pratiques alimentaires, etc.

On découvre ainsi, à l’occasion de cette crise, l’intérêt d’associer le public à la surveillance de l’épidémie comme à la compréhension de ses mécanismes de circulation.

Cette « épidemiologie participative » s’inscrit dans le sillage de la Community-based participatory research (CBPR), développée dans le contexte nord-américain. (A  partir des années 1980, des chercheurs avaient  commencé à travailler au côté de groupes de citoyens préoccupés par certaines questions locales de santé environnementale).

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EpiCOV : une enquête auprès de 200 000 personnes pour connaitre et cartographier le statut immunitaire de la population  

Epicov : une enquête auprès de 200 000 personnes pour connaitre et cartographier le statut immunitaire de la population

« Quantifier la proportion de personnes ayant développé des anticorps en réaction au virus SARS-CoV2 et documenter les effets de cette épidémie sur les conditions de vie de nos concitoyens apparaissent comme des enjeux majeurs pour appuyer l’élaboration des stratégies de déconfinement et de prévention les plus adaptées, permettre la détection précoce de toute reprise épidémique et, sur le plus long terme, suivre l’efficacité des mesures prises ».

Porté par l’Inserm et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère des Solidarités et de la Santé, en lien avec leurs partenaires (INSEE, Santé publique France, CNRS, INED, Université Paris-Saclay), le projet EpiCOV est une large étude épidémiologique, adossée à une grande enquête statistique, proposant de fournir une cartographie globale et scientifiquement fiable du statut immunitaire de la population et de sa dynamique, sur l’ensemble du territoire, via la collecte d’échantillons biologiques couplée à des questionnaires.

L’objectif du projet EpiCOV est de fournir d’une part, une cartographie précise du statut immunitaire de la population, de la santé, des conditions de vie et des inégalités sociales concernant ces 3 paramètres, et d’autre part, un suivi de la dynamique épidémique à court, moyen et long terme. Le déploiement dans des délais exceptionnellement rapides d’une cohorte de surveillance épidémique à grande échelle et statistiquement représentative à l’échelon départemental permettra en particulier de nourrir les modélisations de l’épidémie.

Le projet reposera sur une grande enquête nationale auprès d’un échantillon représentatif, sélectionné aléatoirement par l’INSEE, de plus de 200 000 personnes de 15 ans ou plus, résidant sur tout le territoire (France métropolitaine, Martinique, Guadeloupe et La Réunion).

Ces personnes seront invitées à répondre à un questionnaire (en ligne ou téléphonique) d’une durée de 20 à 30 minutes et, en parallèle, pour 100 000 d’entre elles qui l’acceptent, à réaliser à leur domicile un prélèvement de quelques gouttes de leur sang, qui sera renvoyé par la Poste pour déterminer s’il y a eu contact avec le virus.

Les réponses seront traitées de manière confidentielle par les équipes de recherche, dans le respect de la réglementation en vigueur (Secret statistique, CNIL, RGPD).

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Socialcov permet d’associer le public à la surveillance de l’épidémie

Les mesures de confinement mises en place sont, d’un point de vue épidémiologiques, inédites. Dans ce contexte, et pour comprendre l’évolution de la transmission du SARS-Cov-2, il est nécessaire d’évaluer la manière dont nos contacts ont changé au sein de notre population. Ainsi, il sera possible de les introduire dans les modèles prédictifs.

Une unité de recherche de l’Institut Pasteur met en place une enquête   afin de recueillir et d’analyser des données concernant ces contacts.

Grâce à des questions comme « Avec qui étiez-vous en contact avant le confinement ? » « Qui voyez-vous encore aujourd’hui ? », il sera possible de mieux comprendre l’impact du confinement sur nos vies sociales et professionnelles. Plus spécifiquement, l’enquête permettra aujourd’hui d’identifier le nombre de contact que nous avons chaque jour, leur fréquence et par tranche d’âge. Par exemple, avant le confinement, les enfants étaient en contact avec beaucoup d’autres enfants chaque jour, à l’école notamment. De même, un adulte était tous les jours en contact avec ses collègues avant le confinement. Aujourd’hui qu’en est-il exactement ?

Recueillir ces informations à grande échelle est essentiel pour affiner les modélisations dans le cadre du confinement, et permettre ainsi aux modélisateurs de mieux comprendre et analyser la propagation du virus en France pendant cette période si particulière.

Le public invité dans le Haut-Rhin à retracer l’histoire de la propagation du virus

Quand et comment le Haut-Rhin s’est-il transformé en foyer épidémique ? Pour le savoir, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Université Clermont-Auvergne lancent une étude épidémiologique de grande ampleur. Tous les habitants du département sont invités à y répondre.

Convoquer les mémoires, un exercice qui devrait permettre aux scientifiques de remonter le temps et de retracer l’histoire de la propagation du virus sur le territoire. « C’est une démarche de science citoyenne »,  explique Vincent Breton, en charge de l’étude ».

L’objectif de l’enquête est d’essayer de savoir si le virus évoluait avant le rassemblement de la Porte ouverte chrétienne (qui avait réuni 2 500 personnes à Mulhouse en février dernier.), quel rôle cet événement a-t-il pu jouer et comment le Coronavirus a continué sa route après.

Tous les Haut-Rhinois sont invités à répondre à une centaine de questions.

Le temps de réponse estimé par foyer se situe entre une demi-heure et une heure.

Mission Société Numérique

La Mission Société Numérique est une mission d’appui aux collectivités et aux acteurs de proximité sur les questions liées au numérique. Elle met en œuvre un programme d’actions pour favoriser l’autonomie et la capacité de tous à saisir les opportunités du numérique et favoriser le développement numérique des territoires. Elle pilote les plans “Numérique Inclusif” et “Tiers-Lieux” du Gouvernement.

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