Où en est le télétravail en France ?

Publié par Mission Société Numérique
Éclairages 23.01.2020

Le télétravail semble prendre de plus en plus d’ampleur dans notre société. Travailler chez soi, sans passer des heures dans les bouchons ou les transports : les avantages du télétravail seraient si nombreux qu’en 2009, le Centre d’analyse stratégique prédisait que près de 50 % de la population active serait concernée par le télétravail en 2015. Une évaluation largement au-dessus de la réalité, même pour les chiffres les plus optimistes sur le télétravail.

La connaissance du télétravail en France, et sa mesure, reposent principalement sur deux enquêtes :

  • L’enquête Sumer Surveillance médicale des expositions en des salariés aux risques professionnels conduite par la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail) intègre désormais des questions sur la pratique du télétravail et permet directement d’en mesurer la pratique parmi l’ensemble des salariés à partir de données représentatives. La dernière a été réalisée en 2017 et ses résultats publiés par la DARES en novembre 2019.
  • L’étude du télétravail, realiséee par l’IFOP pour le compte de Malakoff Médéric Humanis auprès de 1 604 salariés et 401 dirigeants d’entreprises de plus de 10 salariés du secteur privé. Deux enquêtes ont été réalisées, l’une en 2017, la seconde en novembre et décembre 2018.

3 % des salariés, 11 % des cadres selon la DARES

La  DARES retient une définition précise du télétravail :  « une forme d’organisation du travail qui désigne le fait de recourir à des technologies de l’information et de la communication pour effectuer, hors des locaux de l’employeur, de façon régulière, le travail qui aurait pu être réalisé sur le poste de travail habituel” et ce de façon “volontaire ».

Selon la DARES, 3,0 % des salariés déclarent pratiquer le télétravail au moins un jour par semaine. 45 % d’entre eux le pratiquent un jour par semaine, 26 % deux jours par semaine et 29 % trois jours ou plus par semaine.

Les télétravailleurs réguliers sont essentiellement des salariés qualifiés : 61 % d’entre eux sont cadres alors que ces derniers ne représentent que 17 % des salariés. Ainsi, 11,1 % des cadres et 3,2 % des professions intermédiaires déclarent pratiquer le télétravail au moins un jour par semaine, alors que cette pratique est rare chez les employés et marginale chez les ouvriers.

Le télétravail est développé de manière similaire dans le secteur privé et le secteur public. Les télétravailleurs du secteur public sont concentrés dans la fonction publique de l’État. Le télétravail des cadres (16,1 %) y est même plus fréquent que dans le privé (10,8 %). Le télétravail est en revanche très peu développé dans la fonction publique territoriale et quasi inexistant dans la fonction publique hospitalière.

Femmes et hommes recourent au télétravail régulier dans des proportions équivalentes, notamment chez les cadres. Il est plus répandu chez les salariés âgés de 30 à 49 ans que parmi leurs aînés (50 ans ou plus) ou les moins de 30 ans chez qui la proportion de cadres est plus faible. Mais même parmi les cadres, les salariés les plus jeunes sont ceux qui pratiquent le moins le télétravail.

La situation familiale du salarié joue également sur le recours au télétravail. Ainsi, 4,0 % des salariés appartenant à une famille monoparentale et 4,0 % des salariés en couple avec un enfant de moins de 3 ans le pratiquent régulièrement. Ce phénomène est accentué chez les cadres (23,0 % de télétravailleurs réguliers parmi les cadres appartenant à une famille monoparentale) et parmi les cadres membres d’un couple élevant un enfant de moins de 3 ans(14,2 %).

Le télétravail est plus fréquent en Île-de-France (5,5 % des salariés), notamment chez les cadres : un sur sept y pratique régulièrement le télétravail, contre en moyenne un sur dix dans le reste du pays.

En 2017, le télétravail intense (trois jours ou plus par semaine) concerne près de 1 % des salariés. Parmi ces derniers, les femmes, les professions intermédiaires et les salariés du privé sont légèrement surreprésentés.

Sur le champ restreint des établissements de plus de 10 salariés du secteur privé (hors agriculture) de France métropolitaine, 4,3 % des salariés ont une pratique du télétravail couverte par un accord avec leur employeur. Cette pratique s’inscrit aussi souvent dans un accord collectif d’entreprise (2,3 %) que dans un accord individuel entre le salarié et sa hiérarchie (2,0 %).

29% des salariés selon l’enquête Malakoff-Médéric

Selon cette enquête publiée en février dernier, qui retient une définition plus large que celle de la DARES,  le nombre de télétravailleurs a augmenté de 700 000 en un an : il concernerait ainsi  désormais 29 % des salariés du secteur privé.

Si la pratique non contractualisée reste majoritaire (21 % des salariés), l’augmentation provient essentiellement de la hausse de la pratique contractualisée du télétravail (+ 50 % par rapport à 2017).

  • 51 % des télétravailleurs sont cadres.
  • 49 % travaillent dans une entreprise de plus de 1000 salariés.
  • 45 % travaillent dans le secteur des services et du conseil.
  • 34 % des télétravailleurs vivent en région parisienne, et 57 % ont des enfants à charge. 26 % sont des salariés aidants qui ont à leur charge une personne dépendante ou malade.
  • 45 % des télétravailleurs ont entre 35 et 49 ans.

Le domicile est le choix de lieu privilégié par les télétravailleurs (92 %) suivis des bureaux mis à disposition par les entreprises (35 %), ou encore des tiers lieux comme les espaces de coworking ou les cafés (21 %). Seuls 45 % d’entre eux, toutefois, déclarent disposer d’un espace dédié.

44 % (contre 38 % en 2018) des dirigeants déclarent que l’assouplissement des règles de mise en œuvre du télétravail va les conduire à augmenter le nombre de bénéficiaires du télétravail au sein de leur entreprise, ou à élargir la fréquence autorisée.

Mission Société Numérique

La Mission Société Numérique est une mission d’appui aux collectivités et aux acteurs de proximité sur les questions liées au numérique. Elle met en œuvre un programme d’actions pour favoriser l’autonomie et la capacité de tous à saisir les opportunités du numérique et favoriser le développement numérique des territoires. Elle pilote les plans “Numérique Inclusif” et “Tiers-Lieux” du Gouvernement.

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