Fablabs et « makers » expérimentent d’autres manières de travailler, de produire, de consommer et de vivre dans la cité.

Publié par Mission Société Numérique
Dossiers 22.01.2020
Rapports 29.10.2019

Le Réseau Français des Fablabs dresse un panorama des fablabs en France

On assiste, depuis 2012, a une floraison de fablabs sur le territoire français. Ces ateliers équipés de machines à commandes numériques (et d’outils plus traditionnels) permettent à chacun de venir fabriquer des objets du quotidien, des pièces de rechange, voire de concevoir des objets innovants. Le terme « fablab » fait référence au modèle standard proposé par le Massachusets Institut of Technology (MIT). Les fablabs et leurs diverses variantes (makerspace, laboratoire d’innovation ouverte, atelier collaboratif, atelier partagé, hackerspace…) procèdent d’un état d’esprit (une culture du « faire » et de l’apprentissage : tout le monde peut apprendre) et d’un ensemble de conventions et de valeurs fondées sur la coopération et le partage.

Le réseau français des fablabs dresse un panorama des fablabs en France

 Le Conseil Scientifique du Réseau Français des Fablabs (RFFLabs) a mené en 2018 une enquête visant à produire un panorama des fablabs en France.

Cette enquête met en relief une grande diversité des activités proposées

81 % des structures proposent des activités de formation (81 %) et d’initiation (97 %). L’organisation d’évènements (80 %) ou d’expositions (29 %) prennent également une grande place dans la vie de ces lieux. Au quotidien, les activités liées à la réparation (86 %), à la fabrication (80 %) ou au bricolage (86 %) occupent une grande partie du temps. L’accueil du jeune public (71 %) est par ailleurs favorisé et encouragé.

On y apprend que les Fablabs proposent souvent des activités plus directement professionnelles, directement liées au prototypage (69 %) et à l’accompagnement de projet (68 %). Un autre volet, plus lucratif, concerne le coworking (37 %) et la privatisation de l’espace (34 %). « Pour de nombreux lieux, ces activités peuvent représenter des sources de revenus intéressantes ». 47 % des structures ont dédié une partie de leur espace à des bureaux ou pour des activités administratives.

Rapports 29.10.2019

Le Réseau Français des Fablabs dresse un panorama des fablabs en France

Une carte des fablabs en France

Makery et MCD (Magazine des cultures digitales) ont entrepris, en partenariat avec le ministère de la Culture, de dresser une carte des Fablabs : permettant de visualiser d’un seul coup d’œil la proximité entre les ateliers de fabrication numérique et les lieux de la création artistique en France, cette carte permet à chaque étudiant ou professionnel de localiser le fablab le plus proche de son établissement ou de trouver facilement un atelier de fabrication numérique spécialisé correspondant à ses besoins en termes d’équipements (imprimante 3D céramique, atelier bois, robot…), domaines et compétences (design, fashion tech, architecture, bioart…) ou encore matériaux (textiles innovants, verre, métal…). Elle permet, en outre, d’identifier les labs intégrés aux établissements d’enseignement supérieur d’art ou d’architecture.

Réalisée à partir des bases de données du ministère de la Culture, de la Fab Foundation (qui répertorie les fablabs chartés par le MIT), de la plate-forme hackerspaces.org, du site diybio.org ainsi que d’une enquête menée auprès des labs français en octobre 2017, cette carte met en valeur la vitalité du mouvement maker et de la créativité en France.

Éclairages 24.06.2019

Déploiement d’ici 2022 de 1 000 Micro-Folies, une nouvelle génération de tiers-lieux, culturels et numériques

Des fablabs dans les 1 000 micro-folies, tiers-lieux culturels et numériques, prévus d’ici 2022

En 2018, le ministère de la Culture avait initié le déploiement de 200 Micro-Folies, en ciblant tout particulièrement les territoires culturels prioritaires, les bassins de vie les moins bien dotés en équipements culturels.

Dispositif de politique culturelle « Hors les murs », ces espaces modulables intègrent un musée numérique, un Fab-Lab et un espace de rencontre. À l’origine, les Micro-Folies sont un concept mis en œuvre, en 2017, par l’établissement public du parc et de la Grande Halle de La Villette, avec une douzaine d’opérateurs nationaux (musée du Louvre, Centre Georges-Pompidou…). Il s’agit d’un kit proposé aux collectivités territoriales afin de favoriser la démocratisation culturelle.

Le ministère de la Culture a annoncé en juin dernier une extension du programme Micro-Folies, avec l’objectif d’ouvrir d’ici trois ans 1 000 Micro-Folies sur le territoire hexagonal et ultramarin, soit 200 à 300 par an.

Éclairages 24.06.2019

Déploiement d’ici 2022 de 1 000 Micro-Folies, une nouvelle génération de tiers-lieux, culturels et numériques

Le programme des Micro-Folies est un dispositif de politique culturelle « Hors les murs ». Ces espaces modulables intègrent un musée numérique, un Fab-Lab, un espace de rencontre « et permettent à ses visiteurs de se situer des deux côtés de la création en étant spectateur mais également créateur ».

OctoberMake : Un séminaire stratégique pour penser le futur des Fablabs

La troisième édition de l’#octobermake s’est tenue à Nancy du 17 au 20 octobre 2019 : elle donne l’occasion aux makers de « réfléchir, sans machine ni public au développement du réseau français des FabLabs.

Dans le bilan qu’il tire de ces journées, le LabFab rennais dégage, « au travers des innombrables découvertes de projets et belles rencontres, plusieurs tendances fortes ».

  • L’éducation et les projets éducatifs, au travers les partenariats et formats expérimentaux en lien avec des établissements scolaires et d’enseignement.
  • L’environnement et les transitions, notamment au travers une multitude de projets, notamment en milieu rural et avec les pouvoirs publics (mais pas que…).
  • L’insertion et la formation, par l’invention de formats permettant d’apprivoiser des publics en reconversion pour les amener à (se) révéler leurs compétences et apprendre à faire des projets, notamment avec des organismes dépendant du ministère du travail (100 % inclusion…)
  • Les diversités et le handicap (avec le projet de fablab de l’AFM Téléthon), et une feuille de route nationale appelée à devenir francophone.
  • Les “FabRégions”, comme l’Occitanie ou Auvergne Rhône-Alpes. « Elles distribuent des fonds européens à leurs réseaux de fablabs fédérés et co-construisent des actions de politique publique ».
  • Les FabCities, dont Rennes et de gros sur le Grand Paris.
  • Les outils mutualisables permettant de monter en professionnalisme et d’hybrider un atelier de fabrication avec son environnement social et professionnel, notamment les open-badges, le livret de prévention des risques faisant l’objet d’un partenariat national avec la MAIF, etc.

La fabrication numérique au service des personnes en situation de handicap

Toute une série d’initiatives ont vu le jour depuis quelques années au croisement de la fabrication numérique et du handicap : collectifs citoyens d’impression 3D de prothèses se sont déployés, ateliers de fabrication d’instruments de musique open-source avec des personnes autistes (Brut pop), cursus de formation (e-fabrik), partenariats autour de la conception et de fabrication collaborative d’aides techniques versées dans le bien commun (fichiers pour imprimantes 3D, plans de montage, méthodes d’acquisition de morphologies…)

 Dans « Do It Yourself : la fabrication numérique comme empowerment des corps handicapés ?, Amélie Tehel analyse l’apparition de FabLabs axés sur le thème du handicap. « Ces FabLabs s’inscrivent dans une dynamique prototypale qui concerne tous types de handicap (cécité, surdité, travail sur des aides techniques adaptables sur fauteuils, prototypage de fauteuils roulants, etc.)»

« Si ces Fablabs, souligne Amélie Tehel « construisent une image centrée sur la recherche de solutions techniques pour les personnes en situation de handicap, leur posture se défend de toute facilité. La solution n’est pas donnée : elle est le produit d’un processus. Elle passe par une recherche qui s’appuie sur une approche sensible et compréhensive du problème, par un temps de conception et de tests, par des corrections et des améliorations etc. C’est un processus long, qui se nourrit des essais-erreurs, qui n’existe pas que pour le projet lui-même mais qui vise aussi à la création de connaissances à partager.

Cette dynamique de travail contribue ainsi à la déconstruction d’une vision solutionniste dans laquelle technologie rime avec facilité et rapidité.

Le tâtonnement, l’expérimentation, le bidouillage sont au cœur de ces espaces, qui naviguent ainsi à contre-courant de représentations magiques du high-tech. (…) On observe ici un processus de bricolage low-tech, parfois laborieux, qui peut aussi produire des résultats décevants d’un point de vue fonctionnel. Mais l’ambition n’est pas d’égaler des dispositifs de haute technologie. Il s’agit avant tout de répondre, tant que faire se peut, au besoin de la personne concernée, et d’apprendre de l’expérience de fabrication. Au sein de ces espaces, tout problème doit être opportunité de création de connaissances communes, et de partage des connaissances acquises

Le Réseau Français des Fablabs a ouvert un chantier « Accessibilité handicap ». Ce chantier consiste à préparer :

  • la mise en accessibilité physique et logicielle des ateliers de fabrication numérique et fablabs
  • les préconisations de médiations et les formats de médiations originaux et réplicables pour des publics spécifiques (par exemple jeunes autistes, personnes à mobilité très réduite, sourds et malentendants)
  • la connaissance des modèles économiques permettant de financer des dispositifs égalitaires de la santé sur le sujet « fablabs et handicap ».

« Une volonté de faire société et de faire la ville autrement »

Dans une tribune publiée dans le Monde, les sociologues Isabelle Berrebi-Hoffmann, Marie-Christine Bureau et Michel Lallement décrivent, les nouveaux modes de production partagée et en circuit court qui émergent dans les villes.

« Avec et autour de ces espaces alternatifs de production, on voit émerger des écosystèmes qui font la part belle à un mode de production économe en énergies fossiles et qui donne la priorité au collaboratif, aux circuits courts, au développement durable, ainsi qu’à l’inclusion sociale. Signe des temps, des collectifs rassemblant des artistes, des artisans et des travailleurs du numérique s’implantent dans les locaux désaffectés d’usines qu’ils réhabilitent et font revivre (… )

« Dans ce mouvement qui affecte les façons de produire, mais qui pourrait à terme transformer l’ensemble du paysage urbain, nous en sommes toujours au stade des balbutiements. Néanmoins, des start-up et des petites entreprises artisanales produisent déjà de toutes petites séries qui sont commercialisées par des enseignes de distribution connues. Des enceintes musicales, des meubles, des composants électroniques ou chimiques, des vêtements, diverses pièces en bois, en métal ou plastique, etc., sont fabriqués à la demande dans des délais très courts. (…) C’est, ce faisant, tout un tissu urbain qui gagne en vitalité nouvelle. Mais rien n’est encore gagné. (…)  

De nombreuses questions restent encore à résoudre : comment les micro-industries « makers » peuvent-elles s’insérer dans des écosystèmes qui ne sont pas nécessairement prédisposés à les faire vivre ? Comment irriguer le métabolisme des villes pour en finir avec les concentrations industrielles et les risques qui leur sont immanents ?

 

 

Mission Société Numérique

La Mission Société Numérique est une mission d’appui aux collectivités et aux acteurs de proximité sur les questions liées au numérique. Elle met en œuvre un programme d’actions pour favoriser l’autonomie et la capacité de tous à saisir les opportunités du numérique et favoriser le développement numérique des territoires. Elle pilote les plans “Numérique Inclusif” et “Tiers-Lieux” du Gouvernement.

Articles en lien

Éclairages 06.07.2018
Éclairages 07.05.2018
Rapports 29.10.2019