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Lyon, Nantes et La Rochelle jettent les bases du Self Data territorial

Alors que les données personnelles sont aujourd’hui captées et monétisées sans réel consentement par les plates-formes, la maîtrise et la capacité d’agir des usagers sont au cœur du « self data » (ou « my data »), avec l’ambition de replacer l’usager au cœur du dispositif. Fournir des moyens de contrôle réels sur les données personnelles : cette approche fait l’objet d’expérimentation depuis plusieurs années : en France (MesInfos), mais aussi aux États-Unis (My Data Initiatives), au Royaume-Uni (midata) ou encore en Finlande (MyData Finland).

Le 2 juillet 2019, la Fing et ses partenaires organisaient à La Caisse des Dépôts et Consignations, l’événement Self Data Territorial afin d’explorer les liens privilégiés qui se nouent entre Self Data et  collectivités territoriales.  Cette journée a permis de réaliser un tour d’horizon des initiatives urbaines sur la thématique des données personnelles partagées

Métropole de Lyon

La Métropole de Lyon s’est engagée dès 2016 aux côtés de la Fing pour lancer le pilote MesInfos.

  • En novembre 2016, le Hackathon MesInfos qui s’est tenu à Lyon a permis à des développeurs, designeurs ou porteurs de projet de réfléchir à la manière de restituer les données aux citoyens afin de leur permettre d’en faire bon usage.
  • En septembre 2017, la première matinale du self data a permis aux 120 personnes réunies à Lyon de découvrir cette thématique, les opportunités offertes par le partage du pouvoir des données personnelles, et de faire un point d’étape sur le pilote MesInfos.
  • Le projet change d’échelle en 2018 avec deux mille particuliers volontaires, la MAIF, Orange, EDF, GrDf et Enedis. Ces organisations s’étaient engagées à restituer aux deux mille testeurs toutes les informations collectées à leur sujet : relevé détaillé de communications (Orange) à la consommation d’énergie enregistrée par les compteurs Linky (Enedis) ou Gazpar (Grdf). La Métropole de Lyon rétrocède de son côté les données de consommation d’eau. Seul l’usager dispose d’un accès à l’ensemble de ces données, qu’il peut consulter et classer, et dont il peut autoriser l’usage à des entreprises, en échange de services. L’ensemble est réuni dans un espace protégé accessible aux seuls usagers.
  • La thématique de l’action sociale a été choisie pour les prochaines étapes : cette thématique pourra, par la suite, se recouper d’autres comme la mobilité ou l’énergie. Trois cas d’usage ont été développés, avec l’aide de travailleurs sociaux.
  • L’expérimentation finalement choisie portera sur le scénario « Ma Situation Sociale » (avec une possibilité d’étendre, à terme, aux deux autres scénarios : « Mes Aides Directes » et « Sortia ») pour permettre aux individus de suivre, avec les travailleurs sociaux, l’évolution de leur parcours et de leurs dossiers.

Nantes Métropole

Nantes Métropole avait mis en place (parmi divers dispositifs d’implication des citoyens) les « défis familles à énergie positive », menés depuis 2011 auprès de 100 foyers par an, et qui amènent les familles à économiser jusqu’à 200 € par an sur leur facture énergétique.

  • En vue de massifier cette démarche, qui ne touchait qu’un public déjà sensibilisé, la Ville de Nantes souhaite s’appuyer sur un outil numérique. Nantes est accompagnée dans cette démarche par La Fing, l’Ademe et par des énergéticiens comme Enedis, EDF, GrDF et Engie.
  • Au travers de plusieurs ateliers, 4 cas d’usages ont été pensés (TechnoZeus, MySmartHome, La Toque Verte et WeMix) à partir de 3 défis : « connaître sa consommation énergétique, aider à l’autoconsommation et la rénovation, connaître son empreinte carbone alimentaire ».
  • La Ville prévoit de lancer en 2020 une expérimentation avec une centaine de testeurs accompagnés et un deuxième panel de 1000 participants (moins accompagnés)

La Rochelle 

La ville de La Rochelle a mené des 2017 plusieurs actions autour des données personnelles.

Pour son expérimentation MesInfos, la ville a retenu le thème de la mobilité, un domaine où La Rochelle a déjà beaucoup innové. Parmi les quatre scénarios d’usages envisagés (Coach Co², Mobilités Partagées, Par 4 chemins, Mon Budget Mobilité), ce sont finalement les scénarios Coach CO² et Mobilités partagées qui feront l’objet d’une expérimentation sur une base de 50 testeurs, agents de l’agglomération ou postiers. La construction des outils s’appuiera sur des solutions existantes afin de proposer des solutions opérationnelles et fiables pour les testeurs.

D’autres villes en Europe

  • La ville de Gand s’appuie sur le nouveau projet de Tim Berners Lee, Solid, qui vise à redonner le pouvoir aux utilisateurs sur leurs données. Avec l’appui de la startup Inrupt, fondée par Tim Berners Lee, les utilisateurs pourront créer leurs propres PODS (personal online data stores), espaces de stockage de données personnelles en ligne,leur permettant de garder la maîtrise de leurs données.
  • Le projet européen DECODE a notamment lancé des pilotes à Barcelone et Amsterdam. La première ville a axé son action sur la Digital Democracy (Plateforme Decidim) et la Citizen Science Data Governance (systèmes de capteurs citoyens).
  • La ville de Londres travaille, en collaboration avec l’Open Data Institute et dans le cadre du projet Sharing Cities, au développement de Data Trust.
  • La ville de Trento, en Italie, expérimente l’outil My Data Store, conçu par le Mobile Territorial Lab (Telecom Italia) au travers d’une variété d’expérimentations.

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