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Apprendre l’informatique sans ordinateur

« Vous vous demandez comment on peut jouer et faire jouer avec des algorithmes, de l’intelligence artificielle, de la gestion de mémoire ou d’autres concepts informatiques ? Vous pensez que ces concepts ne sont abordables qu’à partir du collège » ?

La Société informatique de France (SIF) organisait le 15 juin à Paris à la Gaîté Lyrique une journée «Info Sans Ordi  ». Tout au long de cette journée, les participants (des enseignants principalement) ont pu tester des activités animées par des chercheurs et informaticiens spécialistes de l’informatique débranchée : « Les marmottes au sommeil léger », « La barmaid aveugle avec des gants de boxes », « Le tri systolique », « Cache-cache avec la RAM », « De l’IA avec des gobelets », « Routage élastique », « Tours de magie binaire », « Alice déménage ».

L’informatique débranchée

A partir des travaux de Tim Bell, des informaticiens néozélandais ont mis en place il y a quelques années un programme d’enseignement des fondements de l’informatique, Computer Science Unplugged, avec le parti pris de transmettre quelques notions de base de façon ludique, et sans aucun recours à l’ordinateur. Ils ont réussi à montrer comment, si on peut passer des heures à cliquer sur une souris sans rien apprendre d’informatique, on peut aussi apprendre beaucoup d’informatique sans toucher une souris.

Selon Serge Abiteboul, directeur de recherches à l’INRIA,  titulaire de la Chaire d’Informatique et sciences numériques au Collège de France en 2011-2012, « l’informatique n’est pas juste la science des ordinateurs. Les enseignants le découvrent également aussi, notamment en primaire, à travers « l’informatique débranchée ». Les élèves apprennent loin de tout ordinateur, autour de jeux, les notions au cœur de l’informatique, comme l’information et sa communication, les algorithmes et les ressources qu’ils demandent ».

Selon Baptiste Mélès, «l’’informatique a la fâcheuse réputation d’être la science des ordinateurs. Quelle que soit sa spécialité, un « informaticien » sera toujours appelé à réparer l’ordinateur de son beau-frère ». Dans un article très stimulant, publié par la revue du CNRS Images des Mathématiques, il entreprend de montrer « qu’une part non négligeable des concepts et méthodes de la discipline informatique est indépendante du monde des ordinateurs … qu’on peut faire fonctionner Internet avec des pigeons voyageurs, que l’algorithmique peut accélérer la recherche d’un mot dans le dictionnaire et qu’il est parfois utile de faire de la programmation sur papier ».

En France, et notamment à Clermont-Ferrand, des enseignants du premier degré, des enseignants de mathématiques du second degré et des universitaires (informaticiens, mathématiciens et didacticiens de l’informatique) travaillent en France sur le concept d’informatique sans ordinateur comme une approche de l’enseignement de l’informatique, complémentaire de l’approche classique.

« L’idée directrice consiste à enseigner des notions fondamentales de la science informatique de façon ludique, sans aucun recours à des objets numériques. On utilise à la place des cartes, des jetons, des gobelets, des billes, etc. On met ainsi l’accent sur le contenu scientifique, sans se laisser éblouir ou au contraire rebuter par la technologie ».

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