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40 000 signalements d’événements de santé indésirables (en 9 mois) sur le portail signalement-sante.gouv.fr 

Le Ministère de la santé a ouvert en mars 2017 le portail signalement-sante.gouv.fr en vue de permettre aux usagers signaler en ligne aux autorités sanitaires les effets indésirables liés à la prise d’un médicament, à l’utilisation d’un dispositif médical ou d’un autre produit de santé ou cosmétique.

Un premier bilan montre que Signalement-sante.gouv.fr répond  à une attente du public.

  • Entre le 13 mars 2017, date d’ouverture au public et le 31 janvier 2018,  40 120 signalements ont été reçus :  34 217 (85 %) provenaient d’usagers et 5 903 seulement (15 %) de professionnels de santé, libéraux ou en établissement.
  • Plusieurs pics de signalements ont été constatés au cours de ces neuf  mois, dont un particulièrement notable fin août (jusqu’à plus d’un millier de signalements par jour pendant plusieurs semaines), en comparaison à la centaine de signalements en moyenne constatée quotidiennement.
  • Cette variation du nombre de signalements quotidiens correspond à des cas particuliers largement médiatisés, comme le changement de formule du Levothyrox.
  • « Les signalements des usagers sont très majoritairement concentrés sur des produits pour lesquels le patient a conscience de la possibilité de survenue d’effets indésirables, comme les médicaments ou, dans une moindre mesure, les dispositifs médicaux ».
  • 81 % des signalements concernent des médicaments (32 649 signalements 6 % portent sur des dispositifs médicaux, 4 % portent sur des événements indésirables graves liés aux soins et 3 % sur des situations d’addictovigilance.
  • « Ce dernier pourcentage doit toutefois être nuancé du fait qu’une part importante des signalements adressés en addictovigilance relève d’une autre vigilance (en particulier pharmacovigilance et toxicovigilance) », observent les auteurs de l’évaluation

Selon les auteurs de l’évaluation, « si le portail a été très utilisé par les patients pour effectuer des signalements concernant des sujets largement médiatisés (comme le Levothyrox©, le portail lui-même a été très peu mentionné dans les médias et les réseaux sociaux ».

Une faible utilisation de l’outil par les professionnels de santé

  • « Si les usagers se sont rapidement approprié le portail des signalements, les professionnels de santé semblent être encore peu au fait de son existence et ne l’utilisent encore guère », observent ainsi les auteurs de l’évaluation.
  • « Le nombre de signalements effectués par des professionnels de santé à travers le portail oscille lui aussi périodiquement mais de façon moindre, autour d’une moyenne de 20 signalements par jour. Une hypothèse serait qu’ils seraient moins sensibles aux tendances médiatiques sur tel ou tel épisode sanitaire.
  • A ce stade, il est impossible d’affirmer s’il s’agit d’un défaut d’appropriation du portail par les professionnels ou si, plus probablement, les comportements d’utilisation du portail ne reflètent simplement pas le manque de « pratique du signalement » des professionnels, notamment des médecins.
  • Il serait intéressant d’instruire le sujet pour apprécier les freins et surtout les leviers pour renforcer les pratiques de signalement des professionnels. »

Plusieurs besoins d’amélioration du portail identifiés

Cette premiere phase, ainsi qu’une enquête de satisfaction menée en ligne, ont mis en lumière plusieurs besoins d’amélioration du portail.

Certains d’entre eux ont depuis ce bilan, été intégrés dans le portail. Il s’agit notamment de la création d’un compte utilisateurs pour les professionnels de santé permettant de tracer les signalements et accéder à des formulaires pré-remplis. Les autres évolutions trouveront leur place dans les prochaines versions du portail.

« Enfin, au-delà des fonctionnalités propres du portail », concluent les auteurs de l’évaluation, « il ressort le besoin, de développer des outils pédagogiques à l’attention des particuliers afin de les aider à mieux signaler, d’améliorer les modalités de retour d’information et enfin de déployer une stratégie de promotion de la déclaration envers les professionnels de santé ».

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