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La nouvelle enquête « Conditions de travail » de l’INSEE apportera des éclairages sur les usages du numérique au travail

L’Insee, en partenariat avec la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère du Travail réalise, du 1ᵉʳ octobre 2018 au 31 mai 2019, une importante enquête statistique sur les conditions de travail auprès des personnes résidant en France.

L’enquête Conditions de travail est la seule enquête sur les conditions de travail de cette ampleur et portant sur l’ensemble des actifs occupés. Le champ large de l’enquête et la taille de son échantillon permettent des analyses fines par catégorie socioprofessionnelle et secteur d’activité.

L’enquête est désormais menée en panel tous les trois ans, avec une alternance entre une dominante « conditions de travail » (2013 et 2019) et une dominante « risques psychosociaux » (CT-RPS dont la première édition s’est déroulée en 2015-2016).

L’enquête 2018-2019  est réalisée sur un échantillon d’environ 34 500 logements.

Renforcement de questions relatives au numérique et au télétravail dans l’enquête 2018

« Depuis la dernière enquête nationale sur les conditions de travail réalisée en 2016, les équipements numériques utilisés au travail ne cessent de se diversifier : tablettes, terminaux embarqués, connexion à distance, télétravail, etc. Les questions sur les outils informatiques et numériques présentes dans l’édition de 2013 ont été réintroduites et renforcées.

L’enquête Conditions de travail 2018-2019 permettra également pour la première fois de quantifier précisément la pratique du télétravail (profil des télétravailleurs, fréquence et lieux de télétravail, etc.). »

Enquête conditions de travail 2013 :  sept salariés sur dix avaient un usage professionnel  des différents outils numériques

L’enquête  Conditions de travail 2012-2013 comportait une série de questions relatives aux outils numériques mis à disposition par l’entreprise et sur leur utilisation.

En 2013, 71,1 % des salariés utilisaient un outil numérique à des fins professionnelles (ordinateur fixe – y compris terminal ou console –, micro-ordinateur portable, messagerie électronique, Internet, un intranet).  57,1 % d’entre eux utilisaient un ordinateur fixe au cours de leur journée de travail et 23,8 % un ordinateur portable.

L’ordinateur portable restait cependant  très inégalement utilisé selon les catégories socioprofessionnelles : 61 % des cadres en utilisaient un contre 12 % des employés administratifs ou encore 3 % des ouvriers non qualifiés. Malgré cette très forte progression, 30,9 % des salariés n’utilisaient  en 2013 aucun matériel informatique ou numérique dans le cadre de leur travail

Le lien entre usages numériques et intensification du travail

La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère du Travail a entrepris, en 2018, dans une note de synthèse, de remettre en perspective  les résultats de l’enquête 2013.

Elle y revient sur les écarts  dans l’utilisation de ces technologies d’une catégorie socioprofessionnelle à une autre  (« en 2013, plus de 90 % des cadres étaient  ainsi connectés contre un peu plus de 10 % des ouvriers) ainsi que sur « la grande hétérogénéité des usages selon que l’utilisateur est non connecté, mobile, sédentaire peu intensif, modéré ou intensif ».

Elle pointe  l’ambivalence de l’usages des outils numériques : «  corrélé au développement de l’autonomie au travail, d’un sentiment de satisfaction ou d’une relation de confiance entre l’entreprise et le salarié, ou, au contraire, à des conditions de travail dégradées et des facteurs de risques psychosociaux ».

Selon la DARES, « l’usage d’outils numériques permettant le travail mobile est fortement corrélé à une charge de travail et une charge mentale importantes, ainsi qu’à des situations fréquentes de débordement du travail sur la sphère privée. Ces conditions de travail exigeantes sont néanmoins contrebalancées par une plus grande autonomie et récompensées par un fort sentiment de reconnaissance professionnelle.

Malgré des postes en apparence plutôt routiniers et une pénibilité physique moindre que les autres utilisateurs d’outils numériques, les utilisateurs d’outils numériques connectés mais sédentaires déclarent avoir une charge de travail importante, et quand l’utilisation dépasse 7 heures par jour, relativement plus de pression au travail que les autres utilisateurs sédentaires. En dépit de marges de manœuvre relativement importantes, ces salariés ne bénéficient pas d’autant de reconnaissance que les utilisateurs d’outils mobiles.

Catégorie moins visible, les salariés équipés d’outils informatiques mais ne disposant pas de messagerie électronique ni d’accès à Internet cumulent contraintes physiques et travail intense, faibles marges de manœuvre et un soutien social faible. Face à un travail prescrit et normé, et malgré des cadences élevées, leur sentiment de pression au travail ou d’une charge de travail excessive est néanmoins plus faible que celui du reste des utilisateurs d’outils informatiques ».

Enquête Conditions de travail 2016 : Un contrôle ou un suivi informatisé dicte le rythme de travail de 35% des salariés.

Les résultats de cette enquête sont encore en cours d’exploitation : seule une partie des données ont été publiées.

Dans une note d’analyse  relative a l’évolution des conditions de travail et des risques psychosociaux en 2016, la DARES pointe pointe le recul du degré d’autonomie des salariés français ces dernières décennies, dont les missions sont toujours plus encadrées et contrôlées.

Les salariés français sont par exemple de moins en moins nombreux à pouvoir « choisir eux-mêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés », toutes catégories socioprofessionnelles confondues.  Le travail, lui, tend à devenir plus répétitif, relève l’enquête, alors que la surveillance des salariés se renforce.

Ainsi, en 2016, 35% des salariés affirment avoir un rythme de travail imposé par un contrôle ou un suivi informatisé (soit 10% de plus qu’en 2005).

La proportion de salariés dont le rythme de travail est imposé par un contrôle ou un suivi informatisé atteint 43,7 % chez les employés administratifs et 41%  dans les professions intermédiaires.

 

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