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Le numérique bouscule et transforme le secteur associatif

A l’instar de l’ensemble de la société, les associations sont actuellement en pleine transition numérique et expriment le besoin d’être accompagnées, d’un point de vue technique et éthique, pour mobiliser les outils adaptés à la mise en oeuvre de leurs projets. Les besoins existent à tous les niveaux de l’association : gouvernance, communication interne, complémentarité des actions physiques et des outils numériques, communication externe, développement de projet spécifique dans la sphère numérique… » Pour une politique de vie associative ambitieuse et le développement d’une société de l’engagement »  Rapport remis le  le 8 juin 2018 au  Premier ministre par le Mouvement Associatif)

Les quelque 1,3 million d’associations en France (200 créations par jour) regroupent 13 millions de bénévoles mais aussi 1,8 million de salariés, soit 10 % de l’emploi privé. Les associations sont aussi le lieu premier de l’engagement. Le bénévolat associatif mobilise ainsi pres de 25% des Français.

Qu’elles œuvrent pour l’accès à l’emploi, la culture, la protection de l’environnement ou qu’elles luttent contre les discriminations et l’exclusion, les associations s’appuient assez largement sur le numérique : pour communiquer et simplifier les interactions entre les membres de l’association, pour mobiliser le public, pour porter des initiatives à large échelle, à mobiliser…

Ces apports opérationnels ne reflètent pas la profondeur des transformations du fait associatif, quand ses acteurs s’emparent du numérique : pour démocratiser leur gouvernance, explorer de nouveaux modéles économiques, pour coproduire des connaissances, s’engager dans des démarches d’ innovation sociale ouverte…

Forte croissance des usages numériques dans les associations

Solidatech et Recherches & Solidarités viennent de publier un baromètre consacré à « la place du numérique dans le projet associatif » : il souligne l’évolution des usages de 2013 à 2016, les effets du numérique au sein des associations ainsi que les principaux leviers pour en tirer profit.Il ressort de l’étude que le monde associatif fait déjà un large usage des outils numériques : pour communiquer en interne, donner de la visibilité à l’association, former ses bénévoles et ses salariés, développer des projets en direction des bénéficiaires, des adhérents, des publics fragiles…

  • 73 % des associations interrogées disposent d’un site internet propre.
  • 62 % d’entre elles utilisent les réseaux sociaux ; c’est le premier poste de progrès (+ 26 points depuis 2013).

Les outils collaboratifs ont également fortement progressé entre 2013 (22 %) et 2016 (43 %), soit + 21 points.« Ces derniers sont particulièrement adaptés au modèle associatif dont les équipes de bénévoles, salariés et administrateurs sont le plus souvent éclatées, avec des rythmes de travail différents. Ils permettent ainsi de communiquer, d’échanger des documents ou encore de prendre des décisions, de manière participative, plus rapidement et facilement ».41 % des associations utilisent des logiciels libres. Lire la suite…

Visibilité, interactions avec le public, appels aux dons : la communication des ONG  passe désormais par les réseaux sociaux

Qu’il s’agisse de sensibiliser le public aux causes qu’elles promeuvent, de faire connaître leurs actions, de mobiliser le public a l’occasion des campagnes qu’elles lancent, ou encore de lever des fonds, les ONG  et les associations humanitaires ont appris, au cours des dernières années, à tirer parti des réseaux sociaux.

Le Baromètre « ONG, les réseaux sociaux et l’engagement citoyen en 2017 »  met en relief l’enjeu  crucial que représente désormais la présence des ONG sur les réseaux sociaux.

Selon ce Baromètre, 100 % des 50 associations interrogées sont présentes et actives sur les réseaux sociaux, 84% des responsables d’ONG postent des messages, des articles, des actualités de l’association. Lire la suite …

S’engager sur le net : le numérique,  facilitateur  du bénévolat dans les associations

Selon une enquête commandée par France Bénévolat  et réalisée par l’IFOP,  25% des Français donnaient  en 2016 du temps à une association (23% en 2010 et 24,6% en 2013). Cette proportion, en augmentation, varie de 21% chez les moins de 35 ans à 35% chez les plus de 65 ans, et de 27% chez les hommes à 23% chez les femmes. Elle varie, très largement, selon le niveau de formation, passant de moins de 20% chez celles et ceux qui n’ont pas ou peu de diplômes, à plus de 30% parmi celles et ceux qui ont un diplôme d’enseignement supérieur.

Au-delà de ce socle d’un Français sur 4, le rapport « La France bénévole 2018, Franchir le pas mise en relation », préparé par Recherches & Solidarités,  s’interroge sur « le passage à l’acte d’environ 15 millions de Français potentiellement bénévoles »…

« Ici, comme sur bien des plans, Internet apparaît comme un facilitateur et un accélérateur. Les associations peuvent s’appuyer sur leur propre site et sur les réseaux sociaux pour proposer des missions bénévoles». Des offres de bénévolat sont en ligne sur les sites d’associations dédiées comme Tous Bénévoles, France Bénévolat, Bénénova, ou sur des plateformes comme Diffuz.  Lire la suite…

Un label et un plan national de formation au numérique pour les associations

La Fonda, le Mouvement associatif et HelloAsso ont lancé le 25 juin à Bordeaux, dans le cadre des Universités d’été HelloAsso, un plan national de formation au numérique à destination au secteur associatif.

Ce plan vise à permettre aux associations de prendre en main les nouveaux outils d’internet pour faciliter la gestion et le déploiement de leurs activités (collaboration interne, communication digitale, gestion des données en ligne, financement participatif, mobilisation…). Lire la suite …

Photo : James Cridland, flickr.com
Les besoins d’accompagnement au numérique selon les têtes de réséaux du mouvement associatif

Le numérique est à la fois un levier et un enjeu. Un levier, car il offre des outils et des ressources, qui interviennent à tous les niveaux d’un projet, depuis son élaboration jusqu’à son déploiement, en passant par sa structuration. Il facilite les échanges et l’organisation en interne mais ouvre également des perspectives pour faciliter les liens entre acteurs d’un territoire ou permettre l’élaboration collective. Il peut faciliter l’implication de l’ensemble des parties prenantes, simplifier le partage des informations, contribuer au modèle économique ou encore permettre de mieux faire connaître un projet ainsi que ses résultats.

La maîtrise et l’appropriation des outils numériques deviennent ainsi des enjeux forts. En effet, pour atteindre son plein potentiel, le numérique doit être approprié par les acteurs. L’accompagnement au numérique doit ainsi pouvoir porter sur la maîtrise des usages de base, mais aussi s’accompagner d’une véritable réflexion sur la stratégie numérique afin de s’assurer que les outils employés sont pertinents et adaptés au projet de la structure, être capable de s’adapter à de nouvelles situations et anticiper de nouveaux besoins ainsi que de nouvelles pratiques. Les travaux de Recherches & Solidarités ont permis de pointer avec précision les usages des associations en matière de numérique et ceux à développer.

Concernant l’accompagnement, un écosystème est en train de se constituer, notamment autour de démarches telles que RéZolutions numériques ou la Social Good Week, mais il reste encore à consolider pour assurer la complémentarité de chacun des acteurs.

Hello Asso va prochainement mettre en place la Hello Asso Academy à destination directe des acteurs de l’accompagnement pour travailler les modalités d’accompagnement au numérique. On peut aussi citer webassoc.fr, une communauté de professionnels expérimentés du web qui met ses compétences bénévolement à disposition des associations de solidarité.

Concernant l’équipement informatique, ADB Solidatech propose enfin l’accès à du matériel et des logiciels à coûts adaptés. L’impact numérique est de plus en plus important pour les associations. Il est ainsi structurant d’appréhender à la fois les opportunités mais aussi les risques de cette mutation numérique. Les associations qui se saisissent de celle-ci progressivement ont besoin d’une approche collective de la question pour mieux faire face ensemble aux impacts du numérique non seulement sur leur fonctionnement mais plus encore sur les causes qu’elles défendent.

Les 12 co-auteurs de cette note sont : ADASI, ADEMA, Avise, Don en Confiance, France Bénévolat, IDEAS, La Fonda, Le Mouvement associatif, Le RAMEAU, Passerelles & Compétences, Pro Bono Lab et RNMA.

Evolution de l’accompagnement des structures associatives : Constats, besoins et pistes de réflexion Note du 10 Juillet 2017

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