Select Page

S’engager sur le net : le numérique, facilitateur  du bénévolat dans les associations

Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir agir pour les autres et  se rendre utiles. Certains le font dans un cadre organisé (politique, religieux, syndical, municipal…), d’autres sur un mode informel, comme par exemple dans son voisinage, d’autres, enfin, dans le cadre d’une ou de plusieurs associations.

Selon une enquête commandée par France Bénévolat  et réalisée par l’IFOP,  25% des Français donnaient  en 2016 du temps à une association (23% en 2010 et 24,6% en 2013). Cette proportion, en augmentation, varie de 21% chez les moins de 35 ans à 35% chez les plus de 65 ans, et de 27% chez les hommes à 23% chez les femmes. Elle varie, très largement, selon le niveau de formation, passant de moins de 20% chez celles et ceux qui n’ont pas ou peu de diplômes, à plus de 30% parmi celles et ceux qui ont un diplôme d’enseignement supérieur.

Au-delà de ce socle d’un Français sur 4, le rapport « La France bénévole 2018, Franchir le pas mise en relation », préparé par Recherches & Solidarités,  s’interroge sur « le passage à l’acte d’environ 15 millions de Français potentiellement bénévoles »…

  • Les personnes qui ont déjà donné du temps à une association : 15% des Français), qui ont cessé de le faire et qui pourraient se reprendre au jeu.
  • Les personnes qui donnent déjà du temps hors association (14%), prouvant ainsi leur intérêt pour les autres
  • Les personnes qui n’ont encore jamais donné du temps gratuitement et qui pourraient un jour franchir le pas

Selon diverses enquêtes analysées par Recherches & Solidarités,  «une proportion élevée  se déclarent volontaires pour donner de leur temps, mais ne savent pas comment faire et quoi faire. Beaucoup de bonnes intentions restent sans suite, alors que le bénévolat demeure, ces dernières années, le premier sujet de préoccupation des associations, devant les aspects financiers ».

« Ici, comme sur bien des plans, Internet apparaît comme un facilitateur et un accélérateur. Les associations peuvent s’appuyer sur leur propre site et sur les réseaux sociaux pour proposer des missions bénévoles». Des offres de bénévolat sont en ligne sur les sites d’associations dédiées comme Tous Bénévoles, France Bénévolat, Bénénova, ou sur des plateformes comme Diffuz.

750 000 visiteurs par an  sur  tousbenevoles.org

L’association Tous bénévoles est une des associations de référence du bénévolat en France, reconnue pour ses outils innovants et performants.

Avec plus de 750 000 visiteurs par an de ses sites web (tousbenevoles.org, jeunebenevole.org) et de son application mobile (Benevol’app), elle permet à des milliers de bénévoles en quête d’une mission en France de trouver celle qui correspond à leurs souhaits et à leur disponibilités. Elle a développé un site spécifique en direction des jeunes jeunebenevole.org, qui leur propose, outre des missions adaptées, des informations, des conseils et des témoignages sur le bénévolat et le volontariat. Tous Bénévoles accompagne ces associations adhérentes dans leur recherche de bénévoles et leur donne accès à près de 20 000 profils bénévoles. AU travers de son récent partenariat avec Linkedin, elle  met en valeur leurs offres de bénévolat de compétence auprès d’un public ciblé.

Une enquête réalisée auprès de 1157 utilisateurs de son site a permis de dresser leur portrait et de mieux cerner leurs parcours et leurs attentes.

  • 74% de ses utilisateurs sont des femmes. Deux facteurs expliqueraient, selon Recherches & Solidarité « cette forte propension des femmes à utiliser  Internet pour trouver une opportunité d’engagement : d’une part, de nombreuses femmes se sentent moins bien accueillies dans les associations, le contact via Internet leur semble donc plus facilitant ; d’autre part, leur moindre disponibilité et leur grande attirance pour les actions concrètes leur semblent mieux satisfaites par des projets associatifs très précis et assez souvent limités dans le temps, qu’elles peuvent plus facilement trouver sur Internet ».
  • 27% d’entre eux ont moins de 26 ans et  21% sont étudiants
  • Les plus de 65 ans « semblent moins attirés par ces mises en relation numériques que les plus jeunes pour lesquels la démarche est devenue naturelle ». 

Les missions recherchées

Quatre types de missions, communes à la plupart des associations, étaient proposés dans l’enquête : l’action de terrain, l’action support, les responsabilités et l’évènementiel.

  • Plus de la moitié des visiteurs du site sont à la recherche d’une action concrète : « Ils sont particulièrement à la recherche, d’actions concrètes, « palpables », avec d’autres personnes, en dehors de leur environnement immédiat, sans pour autant en être éloigné (exemple des jardins partagés). Venus pour contribuer à un projet, à une structure, nombreux sont ceux qui souhaitent saisir l’impact de leur action, si possible rapidement. L’action concrète y répond, plus encore lorsqu’elle place le bénévole au contact direct des bénéficiaires »
  • L’organisation d’évènements, détachée ici de l’action concrète mais restant dans la mise en pratique, attire à elle seule, un quart des utilisateurs. Elle est aussi plus attractive pour celles et ceux qui sont à la recherche d’engagements ponctuels et conviviaux.
  • Les missions dites « supports », exercées au sein de l’association ou à distance sur un ordinateur, ont un peu moins de succès (22%).
  • Enfin, parce qu’elles sont plus exigeantes et demandent plus de disponibilités, les responsabilités sont peu recherchées par le biais du site.
Photo : James Cridland, flickr.com
Portrait des bénévoles associatifs

Dans une proportion de 27%, les hommes sont aujourd’hui bénévoles dans au moins une association. Au-delà, 14% l’ont déjà été et pourraient reprendre leur engagement, 13% donnent aujourd’hui du temps gratuitement, hors associations, et 10% n’ont jamais donné du temps mais attendent une occasion pour le faire.

Lorsqu’ils cherchent cette occasion, notamment en fréquentant un site de mise en relation, ils ont une idée précise de ce qu’ils recherchent, dans une forte proportion (53%) et ils estiment être suffisamment disponibles pour accepter une mission à caractère régulier. Ils n’hésitent pas à se dire prêts à prendre des responsabilités, notamment en qualité d’élus au sein d’un bureau ou d’un conseil d’administration.

Les femmes, un peu moins disponibles, ne sont aujourd’hui que 23% à donner du temps dans l’une d’entre elles, et assez souvent de façon occasionnelle.  Lorsqu’elles naviguent sur un site comme Tousbenevoles.org, elles sont nombreuses (35%) à préférer réagir aux offres proposées, et environ 20% à souhaiter un accompagnement pour les aider à trouver la mission qui pourra leur convenir. Elles préfèrent des missions limitées à quelques heures (48% contre 32% parmi les hommes), et si possible des actions qu’elles pourront réaliser depuis leur domicile, pour un quart d’entre elles.

Les moins de 35 ans n’ont pas encore forcément croisé une association qui leur propose un projet à leur convenance, et ils sont généralement un peu plus tentés d’agir sur un mode informel, entre pairs. Ils ne sont que 21% à oeuvrer bénévolement dans une association. Ils sont particulièrement nombreux à fréquenter les sites de mise en relation, et particulièrement agiles pour rechercher l’engagement, occasionnel ou régulier qui leur permettra de donner du sens à leur parcours de vie.

De par leur faible disponibilité et leur mobilité, liées à leurs études et à la montée en puissance de leur vie professionnelle et familiale, ils privilégient clairement les missions courtes et occasionnelles. Bien habitués au numérique, ils sont proportionnellement plus nombreux (28% contre 24% en moyenne), à accepter le principe d’une mission réalisée à domicile. Ils privilégient les actions concrètes, sur le terrain (63% contre 55% en moyenne), sans négliger pour autant l’événementiel, les missions à caractère administratif et les responsabilités.

Les plus de 65 ans, plus disponibles, sont proportionnellement les plus nombreux (35%) à vivre un engagement bénévole au sein d’une association. De plus, ils sont également nombreux (14%) à chercher à reprendre cet engagement, parfois interrompu pour des raisons professionnelles.  Même s’ils ne sont pas les plus assidus sur les sites de mise en relation, ces plus de 65 ans savent ce qu’ils recherchent dans une forte proportion de 60%, et sont très peu nombreux (9%) à souhaiter être accompagnés. Leur disponibilité les conduit à privilégier des missions dans la durée, si besoin avec des responsabilités. Ils sont proportionnellement plus nombreux (37% contre 22% en moyenne) à se dire prêts à exercer une mission « transversale » (administration, comptabilité, communication…).

À propos de l'auteur

Labo ouvert

Collectivités, acteurs publics, chercheurs, citoyens, envoyez vos propositions d'articles ou de valorisation de données !

.

Twitter