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Les écarts entre ruraux et urbains dans l’accès et l’usage des services numériques persistent

Les écarts entre ruraux et urbains dans l’accès et l’usage des services numériques persistent

Dans le cadre de la politique gouvernementale pour les zones rurales et les villes moyennes, deux députés du Lot et de l’Aveyron, Stéphane Mazars et Aurélien Pradie, se sont vu confier une mission prospective afin d’évaluer « les conditions de l’innovation et l’impact des nouvelles technologies et du numérique pour favoriser le développement des territoires ruraux ».

Les disparités en termes d’accès et d’usage des technologies numériques restent  vives entre les zones urbaines et les territoires ruraux.

La prise en compte, dans le Baromètre du Numérique, du lieu de résidence permet de dresser un état des lieux des pratiques et compétences numériques des habitants des territoires ruraux ainsi que de leurs attentes.

Toute une série d’indicateurs suggèrent que les habitants de ces territoires figurent aujourd’hui parmi ceux qui bénéficient aujourd’hui le moins des opportunités liées au numérique.

Un taux plus élevé de non-internautes en milieu rural

La proportion de non-internautes (les personnes qui ne connectent jamais) est plus élevée dans les unités urbaines  de moins de 2000 habitants (14%) et dans celles de 2000 à 20 000 habitants  (13%%) que dans les unités de plus de 100 000 habitants (11%).

Un moindre usage des services numériques

Les habitants des zones rurales (63% et 61%) recourent  moins fréquemment aux services e-administration que les urbains (74%). Ils sont, en outre,  moins présents sur les réseaux sociaux (57% et 55%) que les urbains (59%).

Leur profil d’usage des services d’achat en ligne et des services d’économie collaborative (échange de biens et services entre pairs) est, en revanche, très proche de celui des urbains.

Les compétences déclarées pour l’utilisation des smartphones (63% et 65%%) distinguent les habitants des  territoires ruraux sensiblement  de celles déclarées par les urbains (72%).

En 2007, 42% des résidents dans les unités de moins de 2000 et et 48% dans celles de 2000 à 20 000 habitants se déclaraient compétents pour utiliser un ordinateur : dix ans plus tard, ils sont 60% et 67%. Une progression de 18 et 19%. Entre temps, la proportion de personnes affichant cette même compétence dans la population générale progressait de 19% (passant de de 52% à 70%).

Une moindre propension à adopter de nouvelles technologies ou services numériques

29 % des résidents dans les unités de moins de 2000 habitants et 27% dans celles de 2000 à 20 000 habitants déclarent qu’ils ne sont pas prêts à adopter de nouvelles technologies ou services numériques contre 20% dans les villes de plus de 100 000 habitants (et 13% dans l’agglomération parisienne).

Un sentiment d’exclusion numérique

Une question introduite par l’Agence du Numérique en 2017 visait à saisir ce que les outils numériques apportent aux personnes, et ce dans quatre sphères : vie professionnelle, vie de tous les jours, vie citoyenne et loisirs (« Régulièrement, les outils numériques offrent à leurs utilisateurs de nouveaux services et de nouvelles fonctionnalités. Vous, personnellement, comment profitez-vous des possibilités offertes par les nouvelles technologies ? »).

Une proportion élevée de personnes résidant dans les villes de moins de 20 000 habitants  déclare « ne pas profiter du tout des opportunités offertes par le numérique » : c’est le cas tout spécialement « pour la vie de tous les jours », pour la vie citoyenne ainsi que dans le domaine des loisirs.

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