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2018 : un nouvel âge pour l’ouverture des données publiques

En quelques années, la France est devenue l’un des trois pays les plus en pointe de l’open data dans le monde (collectivités, OGP, cadre législatif, etc.). L’essentiel des ministères, des métropoles et des grandes villes, de nombreux départements, régions, EPCI, mais aussi des villes moyennes et des entreprises… plusieurs centaines d’acteurs ont publié des milliers de jeux de données, suscitant des centaines d’usages nouveaux.

185 000 visiteurs uniques par mois sur data.gouv.fr

Depuis deux ans, l’audience de la plateforme nationale de données ouvertes data.gouv.fr augmente de manière régulière, pour atteindre plus de 185 000 visiteurs uniques au mois de décembre 2017. https://datawrapper.dwcdn.net/WGEYb/1/ Le nombre de visiteurs uniques mensuels a augmenté de 105 % entre juin 2016 et juin 2017 et de 51 % entre Décembre 2016 et décembre 2017. La plateforme compte aujourd’hui plus de 33 000 jeux de données ouverts par plus de 1 200 organisations. Parmi les 1 200 organisations, on trouve l’ensemble des ministères et la plupart des agences dont ils ont la tutelle, l’Assemblée nationale et le Sénat, des autorités administratives et judiciaires ainsi que des collectivités, représentant l’ensemble des échelons territoriaux.

Trois communautés d’usages, trois « verticales thématiques »

Le rapport d’activité de l’administrateur general des données (AGD) met en relief l’émergence de multiples communautés d’usage rassemblées autour de données de référence thématiques, de formats, d’outils et de pratiques qui structurent verticalement l’écosystème de la donnée : les « verticales thématiques ». Les trois premières initiatives de ce type correspondent à des écosystèmes déjà bien structurés :  la verticale des données géographiques, celle des données des entreprises et celle des données de transport. Ces « verticales thématiques » enrichissent désormais la plateforme data.gouv.fr.

La verticale des données géographiques a pris forme autour de geo.data.gouv.fr. Cette plateforme de diffusion de données géographiques référence aujourd’hui plus de 100 000 jeux de données géographiques dont 20 000 téléchargeables en open data issus de 118 portails locaux ou nationaux. En parallèle a été déployée une interface de programmation applicative geo.api.gouv.fr pour permettre aux utilisateurs de s’appuyer sur ces données de référence aussi simplement que possible. Plus d’un milliard d’appels ont été effectués sur ces API en 2017, démontrant l’appétence des réutilisateurs pour une mise à disposition sous forme d’API en complément des données brutes en téléchargement. En 2017, l’API de géocodage de la Base Adresse Nationale a enregistré plus d’un milliard de requêtes et 11,8 millions de visiteurs uniques sur les dix premiers mois de l’année contre 443 millions de requêtes et 5,5 millions de visiteurs uniques sur l’ensemble de l’année 2016. L’API Géo, pour sa part, a comptabilisé près de 200 millions de requêtes au cours de l’année 2017.

La verticale des données des entreprises: suite à l’ouverture du répertoire des entreprises et de leurs établissements de l’INSEE (répertoire Sirene), Etalab a initié la mise en oeuvre d’une verticale déliée aux données des entreprises sur le modèle de la verticale des données géographiques. L’API entreprise (entreprise.api.gouv.fr), était utilisée fin 2017 par une centaine d’administrations pour simplifier des démarches administratives et éviter de demander des pièces justificatives. Ce sont sur le mois de décembre 2017 plus de 1,2 million d’informations qui ont été obtenues via cette API et n’ont donc pas été redemandées aux entreprises.

La verticale des données de transport : le ministère des Transports et l’incubateur de services numériques de la DINSIC ont convenu à l’été 2017 de développer ensemble, dans le cadre d’une startup d’État, une plateforme d’accès aux données ouvertes de transport. Cette plateforme préfigure le futur point d’accès national transport.data.gouv.fr. Fin 2017, les stations, arrêts et horaires théoriques des transports en commun des agglomérations de Brest, Toulouse et Grenoble ont été intégrées au pilote.

257 collectivités territoriales engagées dans l’ouverture des données publiques

En janvier 2018, 257 collectivités publient leurs données, ce qui correspond à 6,5 % des 4411 collectivités concernées par l’obligation d’ouvrir leurs données en octobre 2017 : les collectivités qui comptent au minimum 3500 habitants et 50 agents)

  • 38 collectivités de moins de 3500 habitants publient leurs données sans en avoir l’obligation.
  • L’ouverture concerne, en premier lieu les métropoles et les grandes villes et 12 des 13 régions de France métropolitaine.
  • 33,6 % des départements ont engagé à ce jour des démarches d’ouverture.
  • De grandes disparités géographiques subsistent. Des acteurs historiques, en Bretagne et en Provence Alpes-Côte d’Azur sont aujourd’hui très actifs sur le sujet et embarquent avec eux de nombreuses collectivités.
  • L’observatoire a relevé 21 755 jeux de données présents actuellement sur trois types de plateformes : les portails mutualisés, les portails dédiés et les sites web.

Sur les 81 plateformes recensées, 41 % offrent des données disponibles uniquement en téléchargement, 59 % permettent une consultation et 53 % proposent des API donnant accès aux métadonnées, voire aux jeux de données directement.

Vers un guichet unique de la donnée énergétique

 170 acteurs français de la distribution d’électricité et de gaz ont mis en place l’Agence ORE (Opérateurs de Réseaux d’Énergie) afin de mutualiser les moyens et les données numériques des gestionnaires de réseaux et répondre aux exigences légales de la transition énergétique. L’agence ORE se donne l’objectif de consolider les données publiques des distributeurs et de mettre en place un guichet unique de la donnée énergétique. Les jeux de données publiés sur le portail de l’ORE permettent de visualiser l’évolution année par année (depuis 2011) des consommations de gaz en MWh et du nombre de points de livraison, par secteur (résidentiel, tertiaire, industriel, agricole ou non affecté) et par maille géographique (région et commune).

Un agenda pour les données locales dans le domaine de l’énergie

 Le ministère de la Transition écologique organisait le mardi 10 novembre une journée de mobilisation dédiée aux données énergétiques locales, en collaboration avec la mission Etalab, GRDF, Enedis, RTE, GRTGaz, l’IGN, l’Ademe et l’association Amorce. Le ministère de la transition écologique  a annoncé, à l’occasion de cette journée, trois axes prioritaires :

  • La mise en place progressive d’un nouveau dispositif plus complet d’accès aux données énergétiques, intégré à la plateforme nationale data.gouv.fr
  • La création d’une boite à outils « socle » pour les collectivités locales afin de les accompagner dans la préparation de leur plan climat-air-énergie. Les start-up de la GreenTech verte sont invitées à la déployer, l’enrichir ou l’adapter pour le bénéfice des collectivités
  • L’ouverture d’un « lab » sur les données énergétiques dans les incubateurs de la GreenTech verte pour échanger et partager la connaissance.

Plan d’action Gouvernement Ouvert  : une ouverture toujours plus active des données

Dans le cadre du le Plan d’action national pour une action publique transparente et collaborative pour 2018-2020, le gouvernement a rendu publics une série d’engagements pour une « ouverture toujours plus active des données avec l’enrichissement du service public de la donnée et notamment l’identification d’une nouvelle liste de données de référence ». Le plan d’action prévoit, notamment de :

  • Développer des « verticales » (données sectorielles, APIs, openlabs et community management dédié…) selon des thématiques (exemple : transport, énergie…) en lien de la plateforme data.gouv.fr
  • Améliorer la qualité des données de data.gouv.fr et de les lier entre elles (enrichir les métadonnées)
  • Permettre aux citoyens ou aux entreprises de demander des ouvertures de données
  • Désigner un administrateur ministériel des données au sein de chaque ministère
  • Publier un guide pratique pédagogique de l’ouverture des données publiques, rappelant notamment le nouveau cadre légal (Loi République numérique, RGPD)
  • Associer les réutilisateurs de données dans l’élaboration des futures politiques d’open data (hackathons, consultations, formations…)
  • Élaborer des outils (indicateurs, datasciences…) de mesure de l’impact des dispositifs d’ouverture des données publiques sur l’économie, la vie démocratique…
  • Travailler avec la communauté pour identifier 2 à 3 jeux de données à fort impact par ministère
  • Enrichir le « service public de la donnée » (SPD) avec de nouvelles bases de données, en animant une gouvernance du SPD
  • Définir un calendrier d’ouverture de ces jeux de données

Ouverture annoncée d’une série de jeux de données

Le plan d’action inclut aussi les engagements pris par plusieurs ministères :

  • Le Ministère de l’Intérieur publiera les données relatives à la dotation globale de fonctionnement
  • Le Ministère de la transition écologique et solidaire et le Ministère de la cohésion des territoires s’engagent, à créer un point d’accès pour accéder à la banque de données hydrométrique pour la prévision et l’information sur les crues, à développer des APIS pour les bases de données APIfication des bases RPLS (Répertoire du parc locatif social, Sitadel (permis de construire), Énergie (données locales d’énergie), à créer un point d’accès national aux données de transport pour l’information multimodale et la billettique, à faciliter la maîtrise de la consommation et des dépenses en matière d’énergie par un point d’accès national aux données (y compris crowdsourcing des données d’approvisionnement et prix pétroliers) ;
  • Le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères prévoit de publier les données statistiques issues des applications consulaires servant les populations françaises à l’étranger ainsi que les données anonymisées de l’application de gestion des candidatures d’étudiants étrangers.
  • Le Ministère de l’éducation nationale prévoit d’ouvrir et publier de nouveaux jeux de données sur des thématiques de l’enseignement scolaire, à ouvrir des espaces dédiés à l’Open Data aux Régions académiques sur la plate-forme ministérielle, à accompagner les opérateurs de l’Éducation nationale dans l’ouverture de leurs données
  • Le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation prévoit de publier les données géoréférencées des délimitations des appellations d’origine contrôlée et des indications géographiques protégées, à développer un nouveau système d’information sur l’agriculture biologique permettant la géolocalisation des surfaces cultivées en bio.
  • Le ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation s’engage à accentuer la mise à disposition de jeux de micro-données agrégées sur les principaux jalons des parcours de l’enseignement supérieur : l’orientation post-bac, la réussite et l’insertion professionnelle, à ouvrir un ensemble de jeux de données sur la situation financière des établissements d’enseignement supérieur et sur le patrimoine bâti et non bâti des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

Données  parlementaires : le plan d’action de l’Assemblée Nationale

L’Assemblée nationale a déjà mis en oeuvre une politique d’ensemble de publication de nombreuses données de son système d’information :

  • Acteurs (Députés/Nominations/Organes) ;
  • Travaux parlementaires (Dossiers Législatifs/Débats/Amendements/Votes/Questions) ; Réunions ;
  • Autres (Réserve parlementaire/Contributions aux consultations citoyennes…).

Ces données sont publiées sur le site Internet et en open data. Dans le plan d’action  « Ouverture, transparence et participation citoyenne » qu’elle a rendu public dans me cadre du Partenariat Gouvernement Ouvert, l’Assemblée nationale prévoit de publier sur le site Internet de l’Assemblée nationale et en open data de nouvelles informations nécessaires à la connaissance et à la transparence de la vie parlementaire. « Pour certaines, la publication sur le site est déjà effective, mais elle n’est pas effectuée en open data (par exemple, la liste des collaborateurs de députés). L’évolution consistera alors à publier l’information dans un format ouvert ». La  feuille de route prevoit notamment, la publication, en open data

  • Du règlement budgétaire et financier de l’Assemblée du règlement de la caisse de retraite des députés
  • Du compte-rendu des réunions du Bureau, de la Conférence des présidents et du Collège des Questeurs
  • Des numéros de téléphone des bureaux des députés (sur la base du volontariat)
  • Et d’informations plus précises sur le budget de l’Assemblée nationale

L’Assemblée, prévoit, par ailleurs, sous réserve du respect des exigences de la loi Informatique et Liberté, de publier :

  • la liste des personnes auditionnées par les rapporteurs ;
  • la liste des entrées des représentants d’intérêts dans l’enceinte de l’Assemblée ;
  • la liste des collaborateurs des députés ;
  • les activités internationales de l’Assemblée (missions à l’étranger) ;
  • l’indication d’un vote en scrutin solennel par délégation
Open Data impact : Mobiliser et construire la feuille de route de l’Open Data pour 2025

Open Data impact : Mobiliser et construire la feuille de route de l’Open Data pour 2025

« Plusieurs centaines d’acteurs ont publié des milliers de jeux de données… Pour autant nous sommes nombreux à « rester sur notre faim”, observe la FING. Le sujet se « technicise » et les imaginaires ont peu évolué. L’offre s’est concentrée sur le nombre, oubliant un peu la qualité et créant beaucoup d’usages éphémères faute de pouvoir bien les accompagner. L’offre s’est aussi concentrée sur des publics peu variés et volatiles (geeks/technophiles), peinant à rencontrer d’autres publics dont on ne connaît pas bien encore l’intérêt. Finalement qu’en est-il des impacts de l’open data au regard de ses promesses initiales ? A-t-il créé, amélioré voire bouleversé des métiers, des marchés ? A-t-il modernisé, décloisonné ou fluidifié la conduite de l’action publique ? Contribuerait-il vraiment à un monde meilleur et concrètement comment ? A-t-il été utile pour instruire nos grands défis de société, voire les défis de notre espèce ? »

La FING se propose « de prendre un peu de recul et de réinterroger la question de l’impact de l’open data​, pour elle-même, mais aussi à travers celles des publics, de l’offre et de l’écosystème ».

A cette fin, la FING vient de lancer le programme Open Data impact autour de trois directions de travail :

  •  Un bilan étayé de 8 ans d’open data
  • Susciter et accompagner des expérimentations de terrain innovantes
  • Formuler les 10 pistes d’innovation ou la feuille de route de l’open data ces 10 prochaines années.

À propos de l'auteur

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