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Selon  l’indice relatif à l’économie et à la société numérique (Digital Economy and Society Index, DESI) mis au point par la Commission européenne, la France se situait en 2017 au 9e rang au sein de l’Union Européenne en matiere d’administration numérique.

L’intérêt du DESI, c’est qu’il prend en compte, pour comparer les performances de l’administration numérique dans les 28 pays membres de l’UE, aussi bien les usages que l’offre de services publics en ligne.

Le chapitre « administration numérique » du DESI repose, en effet,  sur  quatre indicateurs :

  • le pourcentage d’usagers qui interagissent en ligne avec les autorités publiques
  • l’etendue des services d’administration en ligne (completion)
  • le niveau de sophistication des services en ligne
  • l’ouverture des données publiques.

La France au 6e rang pour l’usage des services publics en ligne

L’interprétation de cette 9e place de la France en Europe pour l’administration numérique donne souvent lieu à un malentendu.

Ainsi, selon la  Cour des Comptes, qui fait le point régulièrement sur la modernisation numérique de l’Etat, « si l’offre de services numériques aux particuliers est correcte, l’usage qu’en font leurs destinataires potentiels est limité, la France se caractérisant par un taux de recours peu élevé au regard de l’ancienneté des services proposés et des fonctionnalités qui les accompagnent ».

A y regarder de plus près, le Digital Economy and Society Index indique pourtant exactement l’inverse :

  • La France se situe, en fait,  au 6e rang en termes d’usages (avec 56% d’usagers, contre 34% pour la moyenne européenne).

Ces sont  les deux indicateurs relatifs aux opérations qu’il est possible de réaliser sur les sites des administrations (l’offre) qui expliquent la performance moyenne (9e place) de la France dans ce classement.

  • La France se situe ainsi au 13e rang en Europe pour l’étendue (completion) des services en ligne (cet indicateur évalue les procedures et formulaires  administratifs selon qu’ils peuvent être accomplis entièrement en ligne ou seulement partiellement).
  • Et au 22e rang pour le « niveau de sophistication des services d’e-administration » mesuré par l’indicateur des formulaires pré-remplis : cet indicateur porte sur les données déjà connues de l’administration publique qui figurent déjà pré-remplies dans les formulaires administratifs. (C’est l’objet même des démarches en cours de type « Dites le nous une fois » qui sont au cœur de la stratégie de l’Etat-Plateforme).

Il est permis, il est vrai,  de s’interroger sur la pertinence de ces deux indicateurs et sur son mode de calcul (ils proviennent, l’un et l’autre, d’un Benchmark annuel réalisé pour le compte de la Commission Européenne).

Les services numériques des administrations jugés en avance ou au même niveau que ceux des entreprises par 70 % des Français

L’édition 2017 du Digital Gouv’ 2017 (réalisé par le groupe Sopra Steria en partenariat avec IPSOS) apporte un éclairage sur la perception de la « transformation numérique de l’État « par les citoyens de 4 États européens (l’Allemagne, la France, la Norvège et le Royaume-Uni).

Selon cette étude (basée sur un panel de 4001 individus dans les 4 pays), 66 % des citoyens français (et 64 % des Britanniques) estiment que le développement des services numériques de l’État et de l’administration est avancé : un peu moins qu’en Norvège (75 %) mais nettement plus qu’en Allemagne.

Les services numériques des administrations sont jugés en avance ou au même niveau que les services des entreprises privées par 70 % des Français, 66 % des Britanniques, 60 % des Norvégiens et seulement 48 % des Allemands.

Cette enquête révèle de fortes disparités selon les secteurs : dans tous les pays, la fiscalité est identifiée comme un domaine « d’excellence numérique ». 84 % des Français interrogés jugent qu’il s’agit du domaine le plus avancé. Ils jugent également la sécurité sociale comme un domaine très avancé (65 %). Le jugement est nettement plus nuancé quant aux services numériques dans les domaines de l’éducation et de la justice-police.

Cette excellence numérique variable selon les secteurs se ressent dans l’utilisation des services publics en ligne. Celle-ci reste occasionnelle pour les citoyens européens : une fois par mois (au moins) pour 27 % des Français, 27 % au Royaume Uni, 30 en Norvège, 10 % en Allemagne.

66 % des Français et des Britanniques jugent que les outils et services sont de plus en plus faciles à utiliser (contre 76 % des Norvégiens et 43 % des Allemands.

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