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L’Eusko du Pays basque nord, le Sol-Violette du bassin toulousain, l’Abeille de Villeneuve-sur-Lot, la Miel du Libournais, l’Héol du pays de Brest, le Cers à Narbonne ou le Pyrène à Foix. La France compte une quarantaine de monnaies locales complémentaires.

Destinées à favoriser l’économie local et l’emploi local, ces monnaies locales complémentaires sont souvent appuyées par les commerces et services de proximité, ces devises (paritaires avec l’euro et dépourvues de centimes) ne peuvent être utilisées que pour les achats du quotidien, sur une zone restreinte et dans un réseau de commerces, entreprises et services s’engageant à respecter des critères sociaux et écologiques.

La loi Économie sociale et solidaire (ESS) de 2014 a donné une base légale aux monnaies locales complémentaires. Son article 16 reconnaît les monnaies locales comme titres de paiement, si ces titres sont émis par des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) et que ces monnaies respectent l’encadrement fixé par le code monétaire et financier. De son côté, le Ministère de l’Économie et des finances a clarifié le cadre des partenariats entre monnaies locales et collectivités locales.

Associées à des applications mobiles, des monnaies locales numérique seraient plus facilement traçables, ce qui permettrait d’effectuer un suivi plus précis et de mesurer son impact.

À l’heure actuelle, seule la monnaie locale nantaise a été conçue d’emblée comme une monnaie 100 % numérique. L’Eusko a franchi le pas au printemps avec la mise en place d’une carte de paiement.La monnaie régionale normande Normandie qui sera lancée en mars 2018 sera 100 % numérique.

L’Eusko basque passe au numérique

L’Eusko, la monnaie locale complémentaire du Pays basque français, créée en 2013, compte aujourd’hui 4000 utilisateurs réguliers (particuliers, PME ou associations). 750 000 euskos sont actuellement en circulation. Utilisable au départ uniquement sous la forme de billets, l’Eusko a introduit, début 2017 une carte de paiement. Quatre communes  ont rejoint Euskal Moneta, la structure qui gère l’Eusko. Elles souhaitent effectuer et recevoir des paiements en Eusko (pour certains services comme la piscine municipale, les transports, la cantine scolaire, la médiathèque ou les parkings).

Premier bilan pour la monnaie locale SoNantes

Lancée il y a deux ans et demi, le SoNantes reste encore limité à un cercle restreint.

Avec 7 000 transactions réalisées par 1 650 utilisateurs (177 entreprises et 1 473 particuliers) pour un montant total de 280 000 euros, les résultats sont très éloignés des objectifs initiaux annoncés (3 000 entreprises utilisatrices et 10 000 particuliers). La majorité des paiements sont faits par des particuliers, surtout dans les commerces de proximité partenaires (boulangeries, bars, coiffeurs…). Pour passer à la vitesse supérieure, la gestion de la monnaie locale, confiée jusqu’à présent au Crédit municipal de Nantes, va être reprise par l’association SoNantaise. Le Crédit municipal pilotera, en revanche, la gestion de la plateforme numérique.

La Normandie lance un moyen de paiement régional

La région Normandie lancera en mars 2018 la première monnaie régionale. Celle-ci sera 100 % numérique.

Le projet avait été annoncé par le président de la région Normandie, en juin 2016. Des groupes de travail ont été créés regroupant des acteurs de l’économie sociale et solidaire, dont la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress), des collectivités, des citoyens mais aussi les associations gérant les monnaies locales existant sur le territoire. L’association de la Monnaie normande porte le projet pour le compte de la région et sera chargée de la mise en circulation. La région finance le projet : au total, elle investit 400 000 euros, y compris pour la communication qui sera nécessaire pour lancer la monnaie. L’association table sur 1 000 adhérents et 100 000 unités au bout de neuf mois, et espère atteindre l’équilibre d’ici trois à quatre ans…

Un projet de monnaie locale à Paris

L’association parisienne la MoPPa “une Monnaie Pour Paris” en collaboration avec “La Pêche“ une monnaie locale créée à Montreuil en 2014, vont expérimenter début avril 2018, cette monnaie locale complémentaire sur cinq arrondissements de l’est parisien. Dans un premier temps l’association parisienne utilisera “La Pêche” comme billet avant de créer sa propre monnaie qui n’a pas encore de nom aujourd’hui. Elle s’apprête à lancer un appel à financement participatif afin de 135 000 € pour le lancement d’une monnaie papier et de 450 000 € si celle-ci est aussi électronique. La participation de la Ville de Paris reste pour l’heure en suspens.

Des solutions open source pour mutualiser les outils numériques ?

Plusieurs sociétés proposent désormais des solutions de paiement numérique pour les monnaies locales.

Selon le réseau des Monnaies Locales Complémentaires Citoyennes , «l’outil de ‘paiement numérique’ doit être fiable (ne doit pas se planter), sécurisé (ne doit pas permettre les fraudes), durable (la compétence pour le maintenir et l’adapter doit exister dans les 5 ou 10 années suivantes) ».

« Une bonne pratique est de s’appuyer largement sur une solution open-source bien connue (…) Les développements doivent être documentés et publiés selon les mêmes modalités que le logiciel de base. Utiliser les mêmes outils dans de nombreux projets de MLC permet des renforts/entraides/transferts d’information entre les utilisateurs comme entre les informaticiens/gestionnaires. Cela permet aussi de multiplier la confiance dans le système, aux yeux des accepteurs comme pour les autorités de contrôle ».

Le magazine Ouishare, pour sa part, a entrepris de rapprocher le monde des monnaies locales et celui de la Blockchain : « Chacun de ces mouvements possède sa propre culture, sa propre identité et sa propre technologie. Des différences qui peuvent limiter considérablement les interactions entre ces différentes communautés. Et si on parvenait à lever ces barrières, quel système pourrait-on imaginer » ? Une première rencontre s’est tenue à Lyon le 25 janvier 2018.

15es rencontres des Monnaies locales en mai 2018

Ces rencontres auront lieu à Riom, du 18 au 21 mai avec pour titre « Développer le pouvoir d’agir ». Le « bon usage de la technologie numérique » figure parmi les trois thèmes à l’ordre du jour de ces rencontres.

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