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Les moyens de communication pour les personnes privées de liberté sont une condition indispensable à leur réinsertion : pour rechercher un travail ou un logement, pour suivre des formations, pour rester en contact avec leur famille. Les personnes détenues disposeront prochainement d’un téléphone dans leurs cellules.

L’accès légal à Internet est aujourd’hui plus que restreint dans l’ensemble des lieux de privation de liberté.

Un téléphone dans chaque cellule

Le ministère de la Justice vient de lancer un appel d’offres pour équiper progressivement en lignes fixes plus de 50 000 cellules. Seuls les numéros autorisés par l’administration pourront être appelés. Pour le ministère de la Justice, il s’agit à la fois de favoriser le maintien des liens familiaux, facteur essentiel de réinsertion, et de désamorcer l’une des principales sources d’incidents en prison, les trafics de téléphones portables. Au premier semestre 2017, 19 339 téléphones portables et accessoires avaient ainsi été découverts dans les prisons françaises, qui comptaient au 1er juillet quelque 70 000 personnes, condamnées ou en attente de leur procès.

Des usages numériques strictement réglementés

L’usage de l’informatique en cellule est réglementé par une circulaire de l’Administration pénitentiaire datant de 2009. Celle-ci distingue quatre niveaux d’utilisation : par les personnes détenues en cellule, en salle d’activités, en salle d’activités encadrées et en salle d’audience.

L’usage de l’ordinateur en cellule est soumis à l’autorisation du chef d’établissement. Les détenus ont le droit de « cantiner » des ordinateurs conformes aux spécifications définies dans la circulaire : les ordinateurs doivent être neufs, ne pas avoir de Wifi, de Bluetooth, de graveur de DVD. Ils ont également le droit d’acquérir des imprimantes sans scanner et des consoles de jeu connectées par câble. Une sélection de logiciels est également autorisée, en particulier la suite bureautique Microsoft ou Open Office.

Des formations au numérique pour préparer la réinsertion

Avec plus de 12 % de la population incarcérée condamnée à des peines d’au moins dix ans, la fracture numérique constitue un véritable risque.

La majorité des lieux de détention sont aujourd’hui équipés de salles informatiques accessibles lors d’ateliers encadrés par des associations ou des outils de formation.

Une association, le Club Informatique Pénitentiaire (CLIP) s’est assignée la mission de former les personnes détenues aux usages numériques : bureautique et Internet. Principal partenaire de l’administration pénitentiaire pour les cours d’informatique, le CLIP intervient dans une cinquantaine d’établissements pénitentiaires français. Pour enseigner les bases de la navigation Internet, l’association a conçu un « simulateur internet », Clipinet. Clipinet n’a aucune communication avec l’extérieur mais héberge localement une centaine de sites qui permettent en particulier l’expérimentation des procédures interactives couramment pratiquées sur l’internet. Le logiciel fonctionne dans une structure de réseau local, un des ordinateurs de la salle informatique étant utilisé comme serveur.

Enseignement  à distance pour les étudiants incarcérés

L’accès à l’enseignement est un droit fondamental pour les publics incarcérés. Plus de 700 étudiants incarcérés sont inscrits dans l’enseignement supérieur, selon le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un tiers environ suit une formation à distance en vue d’obtenir le diplôme d’accès aux études universitaires (D.A.E.U.) qui est l’équivalent du baccalauréat.

Comme le notent deux chercheurs, « les dispositifs numériques administratifs et pédagogiques mis à disposition dans ce cadre complexifient l’accès pour les personnes n’ayant pas de connexion Internet. Les personnes en milieu carcéral sont particulièrement touchées par cette absence de connexion sur leurs lieux d’apprentissage ».

Les universités dotées de service d’enseignement à distance doivent adapter leurs modalités administratives et pédagogiques pour offrir ce service à ces publics soumis à l’interdiction partielle voire totale d’accès aux usages numériques : cours complets scénarisés ou enrichis par des animations, tutorat spécifique assuré par un enseignant voire par un étudiant de fin d’études, devoirs en ligne.

Selon le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, 38 établissements proposaient en 2016 plus de 500 formations.

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